L'ancien président cubain Raul Castro, frère cadet de Fidel Castro, a été inculpé par la justice américaine pour des accusations de trafic de drogue et de blanchiment d'argent, selon des documents judiciaires dévoilés jeudi 21 mai. Cette inculpation, qui intervient alors que Raul Castro a dirigé Cuba de 2008 à 2018, marque une escalade significative dans les tensions entre les États-Unis et Cuba.
Des accusations graves
Les charges retenues contre Raul Castro, âgé de 93 ans, incluent la participation à un trafic international de stupéfiants et le blanchiment de fonds provenant de ce trafic. Selon l'acte d'accusation, Raul Castro aurait utilisé sa position de pouvoir pour faciliter l'importation de cocaïne en provenance de Colombie vers les États-Unis via Cuba, en échange de pots-de-vin.
Le document, déposé devant un tribunal fédéral de New York, mentionne également d'autres hauts responsables cubains, dont des généraux et des ministres. Les procureurs américains affirment que le trafic de drogue a été orchestré avec la complicité de l'État cubain pendant plusieurs décennies.
Réactions à La Havane
Le gouvernement cubain a immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de « calomnies » et d'« ingérence inacceptable » dans les affaires internes de Cuba. Le président actuel, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé une tentative des États-Unis de diaboliser la révolution cubaine et de justifier le maintien de l'embargo économique.
Les avocats de Raul Castro n'ont pas encore commenté publiquement ces accusations. Il est peu probable que Raul Castro soit extradé vers les États-Unis, Cuba n'ayant pas de traité d'extradition avec Washington.
Un contexte de tensions
Cette inculpation survient dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux pays. L'administration Biden a maintenu une ligne dure envers Cuba, renforçant les sanctions économiques et dénonçant les violations des droits de l'homme. Les États-Unis avaient déjà inculpé plusieurs responsables cubains dans le passé, mais jamais un ancien chef d'État.
Les experts estiment que cette affaire pourrait compliquer davantage les possibilités de dialogue entre les deux nations. Certains y voient une manœuvre politique visant à faire pression sur le régime cubain avant les élections présidentielles américaines.
Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel en 2008, a supervisé des réformes économiques limitées mais a maintenu un contrôle autoritaire. Sa santé déclinante rend peu probable une comparution devant un tribunal américain.



