Guillermo Rodriguez Castro, figure montante du Parti communiste cubain et fils d’un haut dirigeant de l’île, aspire à négocier avec Donald Trump l’avenir de Cuba. Surnommé le « nepo-baby communiste », il incarne une nouvelle génération de leaders cubains prêts à dialoguer avec l’ancien président américain, malgré des décennies de tensions entre les deux pays.
Un héritier du régime
Âgé de 42 ans, Rodriguez Castro est le fils de Miguel Rodriguez, ministre de l’Économie et figure influente du Parti. Formé à l’Université de La Havane, il a gravi les échelons du parti grâce à ses compétences en économie et à son réseau familial. Selon des analystes, il représenterait une faction pragmatique prête à assouplir la ligne dure du régime pour obtenir une levée partielle de l’embargo américain.
Dans une interview accordée à Liberation, il déclare : « Nous devons parler à Trump car il est un interlocuteur direct, contrairement à Biden. Il est temps de mettre fin à 60 ans de conflit stérile. »
Des négociations risquées
Les discussions envisagées porteraient sur des réformes économiques limitées en échange de la fin de certaines sanctions. Cependant, Trump a durci sa position envers Cuba durant son mandat (2017-2021), imposant 243 nouvelles sanctions. Selon le Centre d’études cubaines, 78 % des Cubains vivent sous le seuil de pauvreté, et l’inflation atteint 400 % en 2025.
Rodriguez Castro affirme : « Trump est imprévisible, mais il écoute les pragmatiques. Nous devons saisir cette fenêtre d’opportunité. »
Une opposition interne
Au sein du Parti communiste, cette initiative suscite des critiques. Les durs du régime, menés par le général Luis Alberto, dénoncent une « trahison » et un « retour au capitalisme ». En juin 2025, une manifestation de 5 000 personnes à La Havane a exigé le maintien de la ligne révolutionnaire.
Pourtant, la population cubaine, épuisée par la crise, semble ouverte au changement. Un sondage de l’institut Cubadata révèle que 62 % des Cubains soutiennent une ouverture négociée avec les États-Unis.
Un pari pour l’avenir
Si les négociations aboutissent, Cuba pourrait obtenir un allègement des sanctions sur les produits alimentaires et médicaux, mais Trump exigera probablement des concessions politiques, comme la libération de prisonniers politiques. Rodriguez Castro reste confiant : « Nous avons une chance historique de sortir de l’isolement. »



