Une rumeur explosive sur la mort de Netanyahu envahit les réseaux sociaux
Une folle rumeur a embrasé internet durant le week-end du 14 au 15 mars 2026, affirmant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu serait décédé. Cette intoxication massive, relayée par des médias d'État iraniens et des comptes influents sur les réseaux sociaux, a rapidement gagné en viralité avant d'être catégoriquement démentie par le principal intéressé.
La propagation virale d'une fausse information
Des centaines de publications ont inondé la toile ce week-end, certaines accompagnées de photos montrant un corps sous les décombres ressemblant au chef du Likoud, d'autres affirmant avec aplomb que sa résidence avait été bombardée. Un tweet du compte Iran News, présenté comme un "média indépendant" suivi par plus de 23 000 personnes, s'est contenté d'un laconique "Netanyahu est mort" samedi 14 mars. Ce message a été aimé par 111 000 internautes et vu par 6,4 millions d'utilisateurs de X.
L'origine conspirationniste nourrie par l'intelligence artificielle
L'étincelle de cette rumeur a été allumée vendredi 13 mars, lors d'une prise de parole de Benjamin Netanyahu. Certains internautes sceptiques ont alors affirmé que le chef de gouvernement avait six doigts à la main gauche sur les images, concluant qu'elles étaient générées par intelligence artificielle et que Netanyahu ne serait donc plus de ce monde. Ces observateurs ont également souligné que le Premier ministre israélien n'avait pas fait d'apparition publique depuis cette intervention.
Le compte X The Middle East, un "relais d'information" suivi par plus de 200 000 personnes, a publié que Benjamin Netanyahu avait été tué par un "missile hypersonique qui a touché sa maison". Le post ajoutait que l'État hébreu "pourrait retarder l'annonce et déclarer que son décès était dû à un problème de santé inexpliqué afin de dissimuler la vérité", citant "des médias iraniens" non précisés. Cette publication a dépassé les 6,5 millions de vues en moins de 24 heures.
Le démenti officiel et la réponse personnelle de Netanyahu
Alors que la rumeur prenait de l'ampleur et était relayée par plusieurs médias d'État iraniens, le bureau du Premier ministre israélien a transmis un démenti à l'agence de presse officielle turque. Cependant, ce message correctif est largement passé à travers les mailles du filet algorithmique de X. Preuve en est : le tweet correctif publié par The Middle East indiquant que Benjamin Netanyahu était "sain et sauf" n'a été vu que 43 000 fois.
Finalement, c'est le Premier ministre israélien en personne qui a répondu à la rumeur. Dans une vidéo publiée sur son compte Telegram dimanche 15 mars, il a ironisé sur la situation : "Je suis accro à mort au café ! Et je suis fou à mort de mon peuple, lance-t-il dans la vidéo publiée sur ses réseaux sociaux. Vous voulez compter le nombre de doigts ? Ici. Ici. Vous avez vu ?"
L'agence de presse Reuters a vérifié le lieu où la vidéo a été tournée à l'aide d'images d'archives du café, qui correspondaient à l'intérieur visible dans la vidéo. La date a été confirmée grâce à plusieurs vidéos et photos de la visite de Netanyahu publiées dimanche par l'établissement.
Un phénomène récurrent dans la guerre de l'information
Loin d'être une exception, cette rumeur vient rejoindre une pile grandissante d'intox circulant depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Des affirmations sur la destruction de Tel-Aviv à la mort du nouveau Guide suprême, les acteurs impliqués luttent activement pour contrôler le narratif, à grand renfort de désinformation. Cet épisode rappelle nécessairement que la guerre se livre aussi sur internet, où les fausses informations peuvent se propager à une vitesse vertigineuse avant que les démentis ne parviennent à les contrer efficacement.
La rapidité de propagation de cette rumeur, combinée à la difficulté des messages correctifs à atteindre le même public, souligne les défis posés par la désinformation dans les conflits contemporains. Alors que les technologies permettent une diffusion instantanée d'informations, elles facilitent également la circulation de fausses nouvelles qui peuvent influencer les perceptions publiques et les dynamiques géopolitiques.



