Le président français Emmanuel Macron a effectué une visite surprise à Damas le 8 juillet 2026, une première pour un dirigeant occidental depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011. Lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien Bachar al-Assad, Macron a déclaré : « Je suis convaincu qu'une nouvelle ère s'ouvre pour la Syrie et pour la région. »
Une visite historique dans un contexte de réhabilitation
Cette visite intervient alors que plusieurs pays arabes et européens rétablissent progressivement leurs relations diplomatiques avec Damas. La France, qui avait fermé son ambassade en 2012, a envoyé un chargé d'affaires en 2025. Macron a souligné que la normalisation ne serait complète qu'avec des progrès concrets sur le plan politique.
Selon l'Élysée, le président français a insisté sur la nécessité d'une « transition politique inclusive » conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette résolution prévoit un cessez-le-feu, des élections libres et une nouvelle constitution.
Des avancées sécuritaires mais des défis persistants
La guerre en Syrie a fait plus de 500 000 morts et déplacé la moitié de la population depuis 2011. Aujourd'hui, le régime contrôle environ 70 % du territoire, mais des poches de résistance subsistent dans le nord-ouest (Idlib) et le nord-est (zones kurdes).
Macran a reconnu les efforts du gouvernement syrien pour rétablir la sécurité, mais a appelé à des réformes politiques. « La stabilisation ne peut être que politique », a-t-il affirmé, citant la nécessité de libérer les prisonniers politiques et de garantir le retour des réfugiés.
Les enjeux économiques et humanitaires
La visite a également porté sur la reconstruction, estimée à 400 milliards de dollars par la Banque mondiale. La France a annoncé une aide humanitaire de 50 millions d'euros, conditionnée à l'accès des ONG à toutes les zones. « Nous ne pouvons pas financer la reconstruction tant que les conditions politiques ne sont pas réunies », a prévenu Macron.
L'Union européenne, qui maintient des sanctions économiques, a salué la visite comme « un pas vers un dialogue nécessaire ». Cependant, des organisations de défense des droits humains ont critiqué ce déplacement, accusant Macron de légitimer un régime responsable de crimes de guerre.
Réactions internationales
Les États-Unis, par la voix de leur porte-parole, ont exprimé leur « préoccupation » quant à une normalisation précipitée. La Russie, alliée de Damas, a au contraire salué « une initiative constructive ». L'opposition syrienne en exil a dénoncé une « trahison du peuple syrien ».
Macron a justifié sa démarche par la nécessité de « briser l'isolement » pour favoriser une solution politique. « Le statu quo n'est pas tenable », a-t-il conclu, appelant à une conférence internationale sur la Syrie d'ici la fin de l'année.



