L'île de Kharg, site pétrolier iranien, dans le viseur des États-Unis et d'Israël
L'île de Kharg iranienne dans le viseur américano-israélien

L'île pétrolière de Kharg, cible potentielle d'une opération américano-israélienne

L'île de Kharg, site pétrolier stratégique de l'Iran soigneusement évité jusqu'à présent par Israël et les États-Unis, pourrait désormais se trouver dans leur ligne de mire. Cette évolution risquerait de provoquer une escalade majeure du conflit au Moyen-Orient, selon les analyses d'experts consultés par plusieurs médias internationaux.

Un terminal pétrolier vital pour l'économie iranienne

Cette bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes, abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut du pays. Selon une récente note de la banque américaine JP Morgan, Kharg assure environ 90% des exportations de brut iranien, ce qui en fait une infrastructure absolument cruciale pour l'économie nationale.

« Une frappe directe interromprait immédiatement l'essentiel des exportations de brut iranien, ce qui déclencherait probablement de sévères représailles dans le détroit d'Ormuz ou contre les infrastructures énergétiques régionales », met en garde JP Morgan dans son analyse.

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Une prise de contrôle désormais envisagée

Le média américain en ligne Axios a indiqué, en citant des responsables de l'administration Trump, que la prise de contrôle de l'île par les États-Unis et Israël était désormais sérieusement envisagée. Cette île qui fait environ un tiers de la taille de Manhattan représenterait donc une cible de choix dans le contexte des tensions régionales actuelles.

Farzin Nadimi, chercheur au Washington Institute for Near East Policy, qualifie cette éventualité de « démarche très risquée ». « L'Iran pourrait infliger beaucoup plus de dégâts aux installations pétrolières et gazières du Golfe s'il le souhaite, et il peut le faire rapidement. Tout le monde le sait », souligne-t-il.

Des répercussions immédiates à craindre

Les experts avertissent unanimement que toute opération visant ce territoire aurait des répercussions immédiates et potentiellement dévastatrices. Les frappes iraniennes paralysent déjà depuis plusieurs jours le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Ces attaques affectent également les infrastructures pétrolières d'autres États du Golfe, créant un climat d'instabilité régionale préoccupant. Jusqu'à présent, les actifs énergétiques iraniens n'avaient pas été dégradés, ce qui rendrait une attaque sur Kharg particulièrement symbolique et dangereuse.

Une opération militaire jugée « très difficile »

L'île de Kharg a connu un fort développement pendant l'essor pétrolier de l'Iran dans les années 1960 et 1970. Une grande partie du littoral iranien étant trop peu profonde pour accueillir des superpétroliers, ce terminal est devenu essentiel.

Bien que l'Iran ait cherché à diversifier ses capacités d'exportation en ouvrant le terminal de Jask dans le golfe d'Oman en 2021, Kharg reste « une pierre angulaire de l'économie iranienne et une importante source de revenus pour les gardiens de la révolution », selon JP Morgan.

Le Washington Post a fait état d'intenses spéculations selon lesquelles des forces terrestres américaines pourraient être en cours de préparation en vue d'un déploiement, particulièrement sur Kharg. Cependant, selon l'expert Farzin Nadimi, mener une opération militaire sur cette île entièrement recouverte d'infrastructures pétrolières, d'oléoducs et de réservoirs serait « très difficile » techniquement.

Un scénario discuté depuis des décennies

Farzin Nadimi estime peu probable que l'éventualité d'une prise de l'île aille au-delà des débats au Congrès américain. Cette possibilité est en effet discutée à Washington depuis la crise des otages de 1979, année de la fondation de la République islamique d'Iran.

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L'Iran, quatrième producteur de brut au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a prévenu que toute attaque contre ses infrastructures ferait l'objet d'une riposte « œil pour œil ». Cette menace prend un relief particulier après qu'Israël a lancé samedi sa première attaque de la guerre contre des installations pétrolières en Iran, en affirmant qu'elles étaient utilisées « pour faire fonctionner des infrastructures militaires ».

La situation reste donc extrêmement tendue, avec Kharg au centre des préoccupations stratégiques. Les analystes suivent avec attention les développements, conscients qu'une erreur de calcul pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la stabilité régionale et les marchés énergétiques mondiaux.