Guerre au Moyen-Orient : le défi des journalistes occidentaux en Iran
Journalistes occidentaux en Iran : un accès rare en temps de guerre

Dix jours de conflit au Moyen-Orient : la difficile couverture médiatique en Iran

Depuis le samedi 28 février et les frappes américaines sur l'Iran, les bombardements se succèdent sans relâche au Moyen-Orient. Dans ce contexte extrêmement tendu, de nombreux journalistes cherchent à se rendre sur le terrain pour être au cœur des événements et fournir une information fiable sur cette guerre en Iran.

Cependant, dans un pays comme l'Iran où la parole est étroitement surveillée, particulièrement en période de conflit, obtenir une autorisation d'entrée sur le territoire s'avère pratiquement impossible. Seule une poignée de correspondants occidentaux a réussi à pénétrer dans le pays, dont le Français Siavosh Ghazi.

Les visages occidentaux de l'information en Iran

Vous le rencontrez dans tous les médias dès qu'il est question de l'Iran. Que ce soit pour RFI, France 24, France Inter ou BFM TV, Siavosh Ghazi est omniprésent. Ce journaliste, né à Téhéran il y a soixante-trois ans, informe le public français sur la situation iranienne depuis près de trois décennies.

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Après avoir effectué ses études en France, il est retourné en Iran en 1998 en tant que correspondant pour RFI, puis pour France 24. Spécialiste habituel de l'actualité économique, politique et sociale, il était présent en 2021 lors des débuts du mouvement Femme, Vie, Liberté. Les circonstances l'ont transformé en correspondant de guerre, et sa connaissance approfondie de la société iranienne constitue un atout précieux pour les rédactions.

Il a pu être l'un des premiers à annoncer le déclenchement des hostilités, ayant vécu les événements en direct.

Un autre journaliste occidental, Frederik Pleitgen, est également présent sur place. Correspondant pour CNN habituellement basé à Berlin, cet Allemand possède une solide expérience de la couverture médiatique au Moyen-Orient et en Iran, selon le site de la chaîne américaine. Ayant déjà couvert la guerre en Ukraine, il est familier des zones de conflit.

Depuis qu'il a obtenu un visa pour entrer en Iran, il publie des nouvelles de la capitale Téhéran presque heure par heure sur les réseaux sociaux de CNN. Il est accompagné de la photojournaliste Claudia Otto, également employée par la chaîne.

Correspondants de guerre : un métier à haut risque

La présence si limitée de journalistes occidentaux en Iran s'explique par la difficulté extrême du terrain. Dans une interview pour Quotidien sur TMC, Siavosh Ghazi a expliqué qu'il garde toujours sur lui une carte de presse iranienne délivrée par le ministère de la Culture, ainsi qu'un document qu'il doit présenter en cas de contrôle.

Ce papier atteste de son droit de travailler à Téhéran. Cependant, selon une interview accordée à Télérama, il lui est de plus en plus difficile de circuler et d'exercer son métier. Le journaliste avait déjà été arrêté en 2021 pour avoir couvert le mouvement Femmes, Vie, Liberté.

Dès qu'on sort un trépied, il y a des contrôles d'identité et on peut être retenu, parfois dans des lieux inconnus, pendant deux ou trois heures, a-t-il confié.

Siavosh Ghazi et Frederik Pleitgen doivent rendre compte objectivement de la situation tout en évitant de froisser le régime iranien. Bien qu'envoyé par CNN, les reportages de Siavosh Ghazi sont également diffusés en France sur BFMTV.

Toujours dans Télérama, le sexagénaire précise : Je suis fidèle à RFI et France 24, qui m'ont toujours soutenu dans mon travail, donc je leur donne la priorité, sans exception. Je collabore aussi depuis longtemps avec la RTS, LCI, BFM, Radio France, Radio-Canada et la RTBF.

D'autres chaînes m'ont contacté, mais je suis contraint de refuser de plus en plus de demandes, car la gestion devient très complexe. Certains jours, je réalise plus de quatre-vingts interventions entre reportages, directs et duplex, ce qui exige une organisation considérable.

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