L'ambassadeur d'Italie à Berne a annoncé ce vendredi que son pays ne paiera pas les factures des citoyens italiens hospitalisés en Suisse après l'incendie survenu à Crans-Montana dans la nuit du Nouvel An 2026. Cette décision fait suite à la réception de trois factures par l'État italien, totalisant plus de 100 000 francs suisses (environ 109 000 euros) pour une seule journée d'hospitalisation le 1er janvier.
Des montants jugés exorbitants
L'ambassadeur a qualifié ces montants d'« absolument exorbitants » dans une déclaration au Journal du Tessin. Il a précisé que ces frais devraient être pris en charge soit par l'assurance maladie suisse (LAMal), soit par le canton du Valais, mais en aucun cas par les familles des victimes ni par l'État italien. L'incendie du bar Le Constellation a fait 41 morts, dont six Italiens, et 115 blessés.
Tensions diplomatiques croissantes
Cette affaire s'ajoute à une série de tensions entre la Suisse et l'Italie. L'ambassadeur italien avait déjà été rappelé à Rome pendant plusieurs semaines après la libération du gérant du bar, une décision que le gouvernement italien avait vivement contestée. Rome exigeait également la mise en place d'une équipe d'enquête conjointe. L'ambassadeur a qualifié cette nouvelle situation de « nouvelle source de tension » entre les deux pays.
Lors d'une rencontre avec le président du canton du Valais, l'ambassadeur a souligné que l'État italien ne prendrait jamais en charge les frais de soins prodigués pendant seulement quelques heures à des jeunes intoxiqués ou brûlés. Il a imputé la responsabilité de cette tragédie aux gérants de l'établissement, dont les sorties de secours avaient été condamnées, ainsi qu'aux autorités communales et cantonales qui n'auraient pas effectué les contrôles nécessaires.
Le président du Gouvernement valaisan a suggéré à l'ambassadeur de prendre contact avec le Département suisse de l'intérieur, compétent en matière de santé, afin de trouver une solution bilatérale. Il a été rappelé que deux patients suisses avaient été hospitalisés pendant des mois dans un hôpital milanais sans que cela ne soit facturé. Cette affaire risque d'aggraver encore les relations entre les deux nations.



