SU Agen : fin de rêve après la défaite à Oyonnax (39-12)
SU Agen : fin de rêve après la défaite à Oyonnax

Les Agenais ont fait illusion durant une mi-temps, ce jeudi à Charles-Mathon, avant d’exploser dans les dix dernières minutes face au rouleau compresseur oyonnaxien (39-12). Ils resteront scotchés à la 7e place. Voilà, c’est fini. Le SUA ne retrouvera pas le parfum des phases finales cette saison. La lourde défaite (39-12), ce jeudi soir à Oyonnax en clôture de la 28e journée, est celle de trop. Certes, mathématiquement, les Agenais (7e) ne sont pas complètement écartés de la course au top 6 avec 7 points de retard sur Brive (6e) à deux journées du verdict final. Mais ils ne sont plus maîtres de leur destin et il paraît utopique de croire que les Corréziens enchaînent deux défaites à Carcassonne (officiellement relégué) et contre Nevers (quasi sauvé). Les hommes de Mauricio Reggiardo rêvaient d’entretenir le suspense jusqu’au bout après les succès bonifiés arrachés à Aurillac (21-38) et contre Biarritz (26-7). C’est raté. Le couperet est tombé. Le SUA restera scotché jusqu’au bout à la 7e place.

Un match à élimination directe

Les Agenais n’ont pas réussi à rééditer leur exploit de la saison dernière quand ils s’étaient imposés à Charles-Mathon (30-34), grâce à un essai d’Etcheverry sur une transversale millimétrée de Dayral à la dernière minute. Les deux équipes jouaient alors le maintien. Un an plus tard, quasiment jour pour jour, ce duel entre anciens pensionnaires du Top 14 ressemblait à un 8e de finale pour le SUA. Les partenaires de Santiago Socino n’ont pas su forcer leur destin avec une quatrième victoire à l’extérieur cette saison. Ils ont désormais une semaine de repos pour digérer leur déception, avant de préparer les deux dernières journées contre Soyaux-Angoulême (8 mai) et à Mont-de-Marsan (15 mai). Il leur faudra trouver d’autres sources de motivation…

L’inévitable Lucas Martins

Présenté comme un match de phases finales sur le papier, ce choc en a aussi eu la couleur dans une première période d’une intensité folle. Malgré un essai encaissé au bout de 55 secondes de jeu seulement, 10 minutes en infériorité numérique (carton jaune à Willis, 16e), une mêlée bousculée et une pénurie de munitions, les Agenais étaient encore dans le coup à la pause (13-12). Ils le devaient autant à leur débauche d’énergie en défense qu’à leur réalisme en attaque qui leur a permis d’inscrire deux essais. Se nourrissant de miettes, ces Agenais avec un appétit d’ogre n’ont ainsi pas gambergé après une entame de feu des Oyomen, qui avaient ouvert le score sur le coup d’envoi mal négocié par le centre Cummins. « Le couperet est tombé. Le SUA restera scotché jusqu’au bout à la 7e place ».

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Après un essai refusé dès la 47e seconde au pilier droit Vaotoa, « trop court » sur la ligne, c’est le pilier géorgien Karkadze qui pointait en force dans l’en-but, 8 secondes plus tard, pour bonifier une pénalité jouée à la main. Le SUA venait de prendre la foudre. Mais sa réaction a été fulgurante sur le renvoi avec un essai en force du 2e ligne irlandais Madignan pour répondre du tac au tac (7-7, 3e). Sevrés de ballons, subissant les vagues incessantes des Oyomen, les Agenais offraient deux pénalités à Bouraux (11e, 22e). Mais après une énorme charge de Matakaiongo, un relais de Serieyssol et une longue sautée de Bellot, l’inévitable ailier Martins permettait à son équipe de rester dans le match (36e) en devenant le meilleur marqueur de Pro D2 (16 essais).

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Le coup de la panne

Les hommes de Fabien Cibray débutaient la seconde période encore pied au plancher. Le SUA était en sursis après un en-avant du centre Sawailau, alors que le chemin de l’en-but lui était grand ouvert (46e). Mais les Oyomen jouaient à la main la pénalité à 5 mètres de la ligne à suivre, et le flanker Guilly se chargeait – en force – de faire le break avec la transformation de Bouraux (20-12, 47e). Les Agenais ne renonçaient pas pour autant et comptaient sur leur banc pour renverser la table. Mais après une passe au pied pour Martins, l’essai était refusé à Garrigues pour une « prise au cou » de Guion dans le ruck précédent (57e). Le SUA avait laissé passer sa chance de créer un improbable exploit dans ce match à quitte ou double à Charles-Mathon. Il n’y avait plus assez d’essence dans le moteur agenais pour exister dans les vingt dernières minutes. Les Oyomen en ont profité pour jouer les rouleaux compresseurs en inscrivant trois essais en à peine sept minutes. Le pilier Oz récompensait d’abord le travail de sape de ses avants (70e). Qadiri enfonçait le clou après une percée de Toala qui avait récupéré un ballon dans les bras de Garrigues (73e). Et Sawailau signait un cinquième essai synonyme de bonus offensif à trois minutes de la sirène. Avec ce 26-0 en seconde période, Oyonnax (5e) validait ainsi sa qualification pour les phases finales et peut même rêver désormais d’un barrage à domicile. Le SUA y aura cru une mi-temps. Mais la marche était beaucoup trop haute.