Quelques jours après la publication de l'enquête du New York Times sur les violences sexuelles israéliennes sur les détenus palestiniens, Benyamin Netanyahou réagit. Le Premier ministre israélien dit ce jeudi avoir « demandé » à ses conseillers juridiques « d'envisager les poursuites judiciaires les plus sévères contre le New York Times » et contre l'auteur de l'enquête, Nicholas Kristof.
Netanyahou qualifie l'article de « falsifié »
« Ils ont diffamé les soldats d'Israël et perpétué une calomnie sanglante au sujet de viols, en essayant de créer une fausse symétrie entre les terroristes génocidaires du Hamas et les vaillants soldats d'Israël », écrit-il sur les réseaux sociaux, ajoutant qu'« Israël ne restera pas silencieux » et combattra les « mensonges devant l'opinion publique et devant les tribunaux ».
Une action en diffamation engagée
Benyamin Netanyahou et le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar ont donné instruction de « lancer une action en diffamation contre le New York Times », selon un communiqué conjoint publié par leurs bureaux. Le communiqué affirme que cette procédure est engagée « à la suite de la publication par Nicholas Kristof dans le New York Times de l'un des mensonges les plus odieux et falsifiés jamais publiés contre l'État d'Israël dans la presse moderne, avec en plus le soutien du journal ».
L'enquête du New York Times décrit un « schéma de violences sexuelles »
Publiée lundi, cette enquête du New York Times décrit « un schéma de violences sexuelles israéliennes généralisées contre des hommes, des femmes et même des enfants - commises par des soldats, des colons, des interrogateurs de l'agence de sécurité intérieure Shin Bet et, surtout, par des gardiens de prison ». Elle repose sur la base de 14 témoignages recueillis en Cisjordanie occupée, théâtre d'une flambée de violences depuis le 7 octobre 2023.
Selon le journaliste, « rien n'indique que les dirigeants israéliens ordonnent des viols ». Mais il cite un rapport de mars 2025 des Nations unies, qui dénonçait « le recours systématique d'Israël aux violences sexuelles, reproductives et à d'autres formes de violence fondées sur le genre » depuis l'attaque sans précédent du Hamas sur Israël, le 7 octobre 2023.
Des témoignages précis de sévices
L'auteur admet qu'il « est impossible » de déterminer l'ampleur des faits, mais affirme que 14 hommes et femmes lui ont décrit très précisément de nombreux sévices. « Beaucoup ont déclaré qu'on tirait souvent sur leurs organes génitaux ou qu'ils étaient frappés aux testicules. Des détecteurs de métaux portatifs ont été utilisés pour sonder l'entrejambe nu des hommes, puis pour frapper leurs parties intimes », écrit-il.
En février, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait dénoncé des violences systémiques, notamment sexuelles, sur les journalistes palestiniens dans des prisons israéliennes entre octobre 2023 et janvier 2026. Mardi, une commission d'enquête israélienne a de son côté publié un rapport affirmant que le Hamas et d'autres groupes palestiniens s'étaient rendus coupables de « violences sexuelles systématiques, à grande échelle » lors de l'attaque du 7 octobre.



