La répression s'intensifie en Iran. Trois personnes ont été exécutées entre le 11 et le 13 mai, dont deux accusées d'espionnage au profit d'Israël, rapporte Courrier International. Des organisations non gouvernementales (ONG) dénoncent des aveux forcés et une stratégie de terreur destinée à faire taire tout élan de contestation, alors que le cessez-le-feu avec les États-Unis ne tient qu'à un fil.
Ehsan Afrashteh, exécuté le 13 mai
Ehsan Afrashteh, 32 ans, a été exécuté mercredi 13 mai. Il était accusé d'être un espion « formé par le Mossad au Népal » et « d'avoir vendu des informations sensibles à Israël », indique l'agence de presse iranienne Mizan news, l'organe de presse du pouvoir judiciaire. Les autorités affirment avoir retrouvé plus de 300 échanges entre le Mossad et l'homme prétendument formé à des techniques de renseignement, de cryptage et de surveillance clandestine.
D'après l'ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, les aveux du jeune homme condamné en juin 2025 ont été obtenus sous la torture. Ehsan Afrashteh est d'ailleurs le sixième homme à être exécuté pour espionnage en faveur d'Israël depuis le début de la guerre en Iran.
Mohammad Abbassi, pendu le même jour
Un autre Iranien, Mohammad Abbassi, a également été pendu mercredi, selon Mizan. Lui avait été condamné pour avoir tué un policier pendant les manifestations antigouvernementales de janvier. Or Human Rights Activists News Agency, basée aux États-Unis, affirme que l'homme de 55 ans était un simple manifestant et non un « émeutier » appartenant à un groupe qui s'en était pris à un membre des forces de l'ordre.
Erfan Shakourzadeh, exécuté le 11 mai
Lundi 11 mai, c'est un étudiant en ingénierie aérospatiale soupçonné d'espionnage pour les services secrets israéliens et américains qui a été exécuté. Erfan Shakourzadeh, 29 ans, avait reconnu les faits mais sous la contrainte, expliquait-il dans une note rédigée depuis sa prison.
« Je suis Erfan Shakourzadeh, 29 ans, l'un des rares membres de la soi-disant élite à avoir refusé d'émigrer », écrivait-il dans des propos relayés par Euronews. « Quelques mois avant le conflit de 12 jours, j'ai été détenu par les services de renseignement du CGRI sous de fausses accusations d'espionnage et de collaboration avec des pays ennemis (en guerre avec l'Iran), et j'ai été contraint de faire des aveux pendant huit mois et demi de torture et d'isolement. »
Une stratégie de terreur
Selon le directeur d'Iran Human Rights, Mahmood Amiry-Moghaddam, « ces exécutions visent à répandre la peur parmi le peuple iranien, qui représente la plus grande menace pour la survie de la République islamique ».



