Le détroit d'Ormuz, connu pour être un point de passage stratégique du pétrole, devient désormais un enjeu majeur pour le numérique. L'Iran menace en effet de taxer les câbles sous-marins qui traversent cette zone, une première mondiale qui pourrait avoir des répercussions considérables sur l'économie numérique.
Un point névralgique du numérique
Près de 17 % du haut débit international transite par le détroit d'Ormuz. Les câbles sous-marins, qui serpentent au fond des océans, portent plus de 99 % du trafic Internet mondial. Banques, télécoms, cloud, infrastructures militaires... Tout dépend de ces infrastructures aussi discrètes qu'essentielles.
Les menaces iraniennes
Le 9 mai, Ebrahim Zolfaghari, porte-parole de l'armée iranienne, a affirmé sur X que le régime pourrait « imposer un contrôle plus strict sur les câbles » et « exiger des opérateurs étrangers qu'ils paient des frais de transit ». Ce lundi 18 mai, les Gardiens de la Révolution ont réitéré cette menace via Telegram.
Cette décision s'inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques accrues. En contrôlant ce passage stratégique, l'Iran cherche à accroître son influence et à obtenir des revenus supplémentaires. Cependant, une telle taxation pourrait provoquer une onde de choc mondiale, affectant les communications, les transactions financières et les services cloud.
Les opérateurs de câbles sous-marins, majoritairement des entreprises privées et des consortiums internationaux, devraient alors négocier avec Téhéran ou trouver des itinéraires alternatifs, ce qui serait coûteux et complexe. L'impact sur les utilisateurs finaux pourrait se traduire par une augmentation des tarifs et une dégradation de la qualité de service.
Cette menace intervient alors que l'Iran est déjà sous le coup de sanctions internationales. En s'attaquant aux infrastructures numériques, le régime prend le risque de s'isoler davantage et de provoquer une réaction coordonnée des pays concernés.



