L'Iran poursuit ses attaques dans le Golfe, la crise s'intensifie
Ce dimanche, l'Iran continue de cibler les pays du Golfe dans le cadre de ses représailles contre l'offensive américano-israélienne, plongeant la région dans une escalade préoccupante. La situation, entrée dans sa troisième semaine samedi, demeure extrêmement tendue avec des développements multiples sur les fronts militaire, diplomatique et humanitaire.
Menaces et attaques : l'Iran durcit le ton
Les Gardiens de la révolution iraniens ont lancé une menace explicite dimanche, jurant de « traquer et tuer » le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Sur leur site Sepah News, ils ont affirmé : « Si ce criminel tueur d'enfants est encore en vie, nous continuerons à le traquer et nous le tuerons de toutes nos forces ». Parallèlement, de fortes explosions ont retenti tôt ce dimanche matin à Manama, la capitale du Bahreïn, selon des journalistes présents sur place.
Le Bahreïn a indiqué avoir intercepté, depuis le début des hostilités, 125 missiles et 203 drones iraniens, déplorant un bilan de deux morts. Dans l'ensemble des pays du Golfe, ces attaques ont causé la mort de 24 personnes. L'Arabie saoudite a pour sa part annoncé la destruction de dix drones visant l'est du pays et sa capitale Riyad, tandis que les Émirats arabes unis ont également intercepté des missiles et drones. Les Gardiens de la révolution ont nié tout lien avec ces incidents, affirmant que « cette attaque n'a pas de lien avec la République islamique d'Iran ».
Réactions internationales et initiatives diplomatiques
Face à cette escalade, l'ancien président américain Donald Trump a appelé samedi soir les pays dépendants du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz à assurer sa sécurité en coordination avec les États-Unis. Sur Truth Social, il a déclaré : « Les États-Unis d'Amérique ont vaincu et complètement anéanti l'Iran, mais les pays du monde qui s'approvisionnent en pétrole via le détroit d'Ormuz doivent veiller à la sécurité de ce passage, et nous les aiderons ». De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a exhorté les voisins de l'Iran à « expulser les agresseurs étrangers », critiquant le parapluie de sécurité américain.
Les Émirats arabes unis, tout en affirmant leur droit à la légitime défense, ont choisi « la retenue », selon les déclarations du conseiller présidentiel Anwar Gargash sur X. Il a souligné les efforts de médiation déployés par les Émirats entre Washington et Téhéran pour éviter la guerre. Par ailleurs, le Liban prépare une délégation pour négocier avec Israël en vue d'une cessation des hostilités, bien qu'aucune date ou lieu n'ait été fixé, Paris et Chypre étant envisagés. La diplomatie française a cependant précisé qu'il n'existait « pas de plan français » pour mettre fin au conflit entre Israël et le Hezbollah.
Conséquences régionales et humanitaires
Le conflit a des répercussions significatives sur divers aspects de la vie dans la région. Le Koweït a été frappé samedi soir par plusieurs drones ayant touché le système radar de son aéroport international, entraînant l'arrestation de trois personnes pour utilisation de drones équipés de caméras. Les pays du Golfe durcissent en effet les mesures contre la diffusion d'informations sur les attaques.
Sur le plan sportif, la guerre a conduit à l'annulation des Grands Prix de Formule 1 de Bahreïn et d'Arabie saoudite prévus mi-avril, selon la FIA, sans remplacement prévu. L'équipe de football d'Irak maintiendra toutefois son déplacement au Mexique pour un barrage de la Coupe du monde 2026, voyageant en avion privé malgré les difficultés logistiques. En outre, six joueuses de l'équipe féminine iranienne de football ont retiré leur demande d'asile en Australie, après avoir été qualifiées de « traîtresses en temps de guerre » dans leur pays pour avoir refusé de chanter l'hymne national.
Sur le front humanitaire, la Corée du Sud a évacué 204 de ses ressortissants et sept étrangers bloqués dans quatre pays du Moyen-Orient, une opération qualifiée d'« sans précédent » par son ministère des Affaires étrangères. L'Iran a par ailleurs averti qu'il considérait les ports des Émirats comme des cibles légitimes, tout en qualifiant de « blague » le soutien promis par l'Ukraine aux alliés américains dans le Golfe contre les drones.
Cette crise multidimensionnelle continue de s'aggraver, avec des implications géopolitiques majeures pour la stabilité régionale et internationale.



