Iran et États-Unis : accord proche mais pas de signature dimanche
Iran et États-Unis : accord en vue mais pas dimanche

Un accord serait-il réellement en vue ? Le médiateur pakistanais a annoncé ce samedi 13 juin que les États-Unis et l'Iran étaient sur le point de finaliser un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, évoquant une signature sous 24 heures. Téhéran s'est montré plus prudent sur la date précise. Voici ce que l'on sait.

Les deux camps optimistes

Les deux camps ont laissé entrevoir une issue vendredi. « Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé », avait assuré le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi. Selon lui, le compromis prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, contrôlée par Téhéran depuis le début de la guerre.

À Washington, un haut responsable, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a estimé à « 80 à 85 % » la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, même si « la ligne d'arrivée n'est pas encore franchie ».

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Une signature « dans les prochains jours » ?

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a écrit samedi sur X que « nous sommes plus proches que jamais d'un accord de paix ». « Sa finalisation étant probablement attendue dans les prochaines 24 heures, le Pakistan prépare la signature électronique de l'accord de paix immédiatement après », a-t-il affirmé, précisant que des « discussions techniques » suivront « la semaine prochaine ».

Une incertitude demeure néanmoins sur la date : le ministère des Affaires étrangères pakistanais a évoqué une « cérémonie de signature électronique prévue pour demain » dimanche, mais la diplomatie iranienne a tempéré ces déclarations. « Nous devons attendre pour connaître la date exacte de la signature. Ce ne sera pas demain », a déclaré à l'agence de presse gouvernementale Irna le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, tablant plutôt sur « les prochains jours ». Abbas Araghchi avait déjà rappelé que « tant qu'un accord complet n'aura pas été conclu, on ne pourra affirmer avec certitude qu'un terrain d'entente a été trouvé ».

La Suisse a proposé d'accueillir une éventuelle signature, mais Téhéran a affirmé qu'elle se ferait « à distance ».

Des versions divergentes de l'accord

Signe que l'issue n'est pas encore tout à fait à la portée des négociateurs, les versions d'un éventuel accord données par les médias iraniens et Washington divergent, après des semaines de négociations laborieuses. L'agence de presse iranienne Mehr a publié vendredi ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, remplissant une série de conditions iraniennes, dont le droit à l'enrichissement d'uranium et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Mais Donald Trump, sous pression aux États-Unis pour s'extraire d'une guerre impopulaire, a immédiatement pesté sur son réseau Truth Social contre l'Iran, l'accusant d'avoir fait fuiter des informations sur l'accord qui « n'ont RIEN à voir avec les termes convenus par écrit ». Washington a livré une tout autre version : le compromis doit, selon le haut responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, aboutir au « démantèlement » du programme nucléaire iranien et permettre aux États-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait « détruit » puis « sorti » du pays.

Abbas Araghchi a lui préconisé une dilution en Iran des stocks d'uranium enrichi à 60 %. Les diluer à un taux inférieur à 5 %, loin des 90 % requis pour fabriquer la bombe atomique, éloignerait considérablement la menace d'un programme nucléaire à des fins militaires. Quant au sujet du Liban, autre volet majeur des discussions, le haut responsable américain a indiqué qu'il était bien inclus dans l'accord en discussion, comme réclamé par Téhéran, alors que Washington avait auparavant dit vouloir dissocier ce dossier.

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Le détroit d'Ormuz au menu de Trump en France

Donald Trump, qui avait violemment reproché aux alliés des États-Unis de ne pas lui avoir prêté main-forte face à l'Iran, devrait profiter de son passage en France à l'occasion du G7 à Évian pour évoquer une participation de certains d'entre eux, France et Royaume-Uni notamment, à des opérations de déminage dans le détroit d'Ormuz. Il verra aussi à Évian les dirigeants qatari, émirati et égyptien. La chaîne BFMTV rapporte par ailleurs qu'une rencontre directe entre deux personnalités de haut niveau américaine et iranienne doit se tenir la semaine prochaine en Suisse.

Les frappes se poursuivent

En marge de ces discussions, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué dans la nuit avoir abattu « plusieurs drones d'attaque » lancés par l'Iran « pour frapper des navires commerciaux transitant par le détroit d'Ormuz ». Après ces tirs, « le trafic maritime dans le détroit reste fluide », a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a elle indiqué samedi avoir frappé en 24 heures « plus de 70 sites » liés selon elle au Hezbollah dans le sud du Liban. Les frappes israéliennes ont fait plus de 3 700 morts depuis début mars, selon Beyrouth.