Hamas dissout son gouvernement à Gaza mais garde ses armes
Hamas dissout son gouvernement à Gaza mais garde ses armes

Le Hamas a annoncé, lundi 6 juillet, la dissolution de son gouvernement de fait dans la bande de Gaza, après près de vingt ans de pouvoir. Le mouvement islamiste propose de transférer l'administration du territoire au Comité national pour l'administration de Gaza (CNAG), une structure de technocrates palestiniens soutenue par les États-Unis. Cette annonce pourrait marquer un tournant politique, mais elle ne répond pas à l'exigence clé d'Israël et de Washington : le désarmement du Hamas.

Un transfert de pouvoir hypothétique

Le CNAG, créé en janvier dernier après un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, n'a jamais pu exercer ses fonctions. Israël lui interdit l'accès au territoire. Le président du CNAG, Ali Shaath, s'est déclaré "pleinement prêt" à prendre ses fonctions, mais sans calendrier précis. Le Hamas précise que ses ministères continueront de fonctionner avec les fonctionnaires en poste, dans l'attente du comité. Le mouvement conservera également ses missions de sécurité et de maintien de l'ordre dans les zones qu'il contrôle encore.

Un coût politique limité pour le Hamas

Selon la politologue palestinienne Reham Owda, interrogée par L'Orient-Le Jour, le Hamas "a dissous son gouvernement, mais n'a pas renoncé à son contrôle sécuritaire". Le mouvement chercherait à faire échec aux tentatives israéliennes de le désarmer, notamment en empêchant les déplacements des habitants vers les zones sous contrôle israélien, qui représentent plus de 60 % de la bande de Gaza. Le Hamas espère aussi préserver son influence en intégrant ses fonctionnaires et sa police dans les nouvelles institutions.

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Israël dénonce une "ruse"

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a qualifié l'annonce de "ruse" destinée à éviter le désarmement. "Tant que le Hamas conservera ses armes, tout gouvernement civil agira nécessairement selon les diktats du Hamas", a-t-il écrit sur X. Israël maintient que le plan soutenu par Washington exige le désarmement complet du mouvement islamiste.

Une situation humanitaire dramatique

Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre déclenchée après les attaques du 7 octobre 2023. Les troupes israéliennes contrôlent plus de 60 % de la bande de Gaza, et près de deux millions d'habitants ont été déplacés, vivant dans des conditions extrêmement précaires. La dissolution du gouvernement du Hamas constitue le geste politique le plus important du mouvement depuis son arrivée au pouvoir, mais sans réponse sur le désarmement, le contrôle du territoire et le retrait israélien, cette annonce pourrait rester un signal politique plutôt qu'un véritable tournant.

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