Le 7 juillet 2026, Cuba a été frappée par une nouvelle panne électrique générale, plongeant l'île dans l'obscurité pour la troisième fois de l'année. Le gouvernement cubain a immédiatement pointé du doigt le blocus américain, accusant Washington d'exacerber la crise énergétique en limitant l'accès aux pièces de rechange et aux combustibles nécessaires au fonctionnement des centrales vieillissantes.
Une panne aux causes multiples
Selon l'Union électrique nationale (UNE), la panne a été déclenchée par une défaillance sur une ligne à haute tension dans la province de Matanzas. La chute soudaine de la demande a provoqué un déséquilibre du réseau, entraînant l'arrêt en cascade de plusieurs centrales. Les ingénieurs ont immédiatement entamé des travaux de réparation, mais le rétablissement complet du service pourrait prendre plusieurs jours, a prévenu l'UNE.
Cette panne survient après deux autres incidents similaires en février et en mai 2026. La fréquence de ces pannes reflète la fragilité du système électrique cubain, qui dépend largement des importations de pétrole et de pièces détachées. Le gouvernement cubain estime que le blocus américain coûte au pays environ 4,5 milliards de dollars par an, dont une part importante affecte le secteur énergétique.
Le blocus américain en accusation
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a déclaré : « Le blocus économique, commercial et financier des États-Unis est la principale cause des difficultés de Cuba à maintenir son réseau électrique. Il entrave l'acquisition de technologies modernes et de pièces de rechange, nous obligeant à fonctionner avec des équipements obsolètes. »
De son côté, l'administration américaine rejette ces accusations, affirmant que les problèmes énergétiques de Cuba sont dus à une mauvaise gestion et à l'inefficacité de son système. Les États-Unis maintiennent que leurs sanctions n'empêchent pas l'importation de produits humanitaires ou de biens essentiels, mais les entreprises cubaines se heurtent à des obstacles bureaucratiques et financiers pour effectuer des transactions internationales.
Conséquences pour la population
La panne a paralysé l'activité économique et perturbé la vie quotidienne des 11 millions de Cubains. Les hôpitaux fonctionnent avec des générateurs de secours, mais les coupures d'électricité compromettent la conservation des vaccins et des médicaments. Les écoles et les commerces ont fermé leurs portes, et les transports en commun ont été fortement réduits.
À La Havane, des files d'attente se sont formées devant les quelques commerces disposant de générateurs, tandis que les habitants tentaient de conserver leurs aliments dans des glacières. « C'est devenu une routine, mais c'est épuisant », témoigne María López, une retraitée de 68 ans. « On ne sait jamais quand le courant va revenir. On vit dans l'incertitude permanente. »
Les efforts de rétablissement
Les techniciens de l'UNE travaillent sans relâche pour reconnecter les centrales une par une. Le processus est délicat : il faut rétablir l'alimentation des auxiliaires des centrales avant de pouvoir les redémarrer et les synchroniser au réseau. Selon l'UNE, environ 30 % de la capacité de production a été rétablie dans les 24 heures suivant la panne, mais le retour à la normale pourrait prendre jusqu'à 72 heures.
Le gouvernement a également annoncé des mesures d'urgence, notamment la distribution de rations de nourriture et d'eau potable dans les zones les plus touchées. Des patrouilles de police ont été déployées pour prévenir les vols et maintenir l'ordre.
Une crise énergétique structurelle
Au-delà de cette panne, Cuba fait face à une crise énergétique chronique. Le pays produit environ 60 % de son électricité à partir de pétrole importé, principalement du Venezuela, mais les livraisons ont chuté en raison de la crise économique vénézuélienne et des sanctions américaines. Les centrales thermiques, construites pour la plupart dans les années 1980, sont vétustes et sujettes à des pannes fréquentes.
Le gouvernement cubain a investi dans les énergies renouvelables, notamment l'énergie solaire, mais ces projets progressent lentement en raison du manque de financement et de technologies. En 2025, les énergies renouvelables ne représentaient que 4 % du mix électrique cubain, loin de l'objectif de 24 % fixé pour 2030.
La panne générale du 7 juillet 2026 rappelle l'urgence d'une solution durable pour le réseau électrique cubain. Alors que les ingénieurs s'efforcent de rétablir le courant, le gouvernement continue de dénoncer le blocus américain comme un obstacle majeur à la modernisation du pays.



