La Havane a vivement réagi aux déclarations du secrétaire d'État américain, Marco Rubio, qui a nié l'existence d'un blocus pétrolier contre l'île. Cuba accuse Washington de mentir et de provoquer une crise énergétique délibérée.
Des accusations de mensonge
Le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, a répondu sur le réseau social X en affirmant que Marco Rubio « a simplement choisi de mentir » et qu'il « contredit le président Donald Trump et la porte-parole de la Maison Blanche » Karoline Leavitt. Rodriguez a dénoncé le « siège pétrolier criminel que lui-même a proposé » au président américain.
« Nos fournisseurs de pétrole sont intimidés, sont menacés en violation des règles du libre-échange et de la liberté de navigation », a ajouté le ministre cubain. Il a également dénoncé les nouvelles sanctions annoncées par Donald Trump le 1er mai, qui touchent notamment le secteur de l'énergie, affirmant que le secrétaire d'État « sait très bien les dégâts et les souffrances qu'il fait endurer au peuple cubain ».
La position américaine
Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, Marco Rubio avait déclaré : « Il n'y a pas de blocus pétrolier contre Cuba en soi. » Selon lui, Cuba était habitué à recevoir du pétrole gratuit du Venezuela, qu'il revendait en partie pour obtenir des devises. « Le seul blocus qui a lieu, c'est que les Vénézuéliens ont décidé qu'ils ne vont plus faire cadeau de ce pétrole et encore moins à un régime en faillite », a-t-il affirmé.
Depuis la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié de La Havane capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l'île, déjà soumise à un embargo américain depuis plus de six décennies. Donald Trump a signé fin janvier un décret présidentiel stipulant que Cuba représente une « menace extraordinaire » pour les États-Unis et a menacé de représailles tout pays fournissant du pétrole à La Havane. À ce jour, Washington n'a autorisé l'arrivée que d'un seul pétrolier russe.
Des critiques acerbes
Marco Rubio a également critiqué le modèle économique cubain, déclarant qu'il « ne fonctionne pas » et que « les gens qui sont au pouvoir ne peuvent pas résoudre » la situation. Il a ajouté : « Pire qu'un communiste, c'est un communiste incompétent. » Le secrétaire d'État, qui a bâti sa carrière politique en Floride sur l'anticastrisme, se rendra à partir de jeudi au Vatican, médiateur historique entre les deux pays. « Nous serons enchantés de parler de la question de Cuba », a-t-il assuré, alors qu'il doit rencontrer le pape Léon XIV.



