L'enfer des scam centers : le calvaire de Kokou
Kokou, un jeune Togolais, a vécu un véritable cauchemar dans un scam center au Cambodge. Pendant plusieurs mois, il a été contraint d'escroquer des victimes françaises en ligne, sous la menace de violences extrêmes. Il raconte avoir subi 33 tortures, dont des coups et des décharges électriques.
Un piège bien orchestré
Recruté via une fausse promesse d'emploi dans le commerce international, Kokou est arrivé au Cambodge en 2023. Dès son arrivée, son passeport a été confisqué et il a été emmené dans un complexe sécurisé. Les conditions de vie étaient déplorables : nourriture insuffisante, dortoirs surveillés en permanence et absence totale de liberté.
Les victimes sont souvent attirées par des offres d'emploi alléchantes sur les réseaux sociaux ou via des connaissances. Une fois sur place, elles sont enfermées et forcées à travailler pour des réseaux criminels.
Des méthodes de torture systématiques
Kokou décrit des séances de torture quotidiennes pour le contraindre à atteindre des quotas d'escroquerie. Parmi les sévices :
- Coups de poing et de pied
- Décharges électriques sur différentes parties du corps
- Privation de sommeil et d'eau
- Simulation de noyade
Un business criminel florissant
Les scam centers sont devenus une véritable industrie en Asie du Sud-Est, générant des milliards de dollars. Le Cambodge, le Myanmar et le Laos sont particulièrement concernés. Ces centres emploient des milliers de personnes, souvent victimes de traite d'êtres humains, pour escroquer des victimes dans le monde entier.
Les méthodes d'escroquerie sont variées : arnaques sentimentales, fausses offres d'investissement, usurpation d'identité. Les victimes sont ciblées via les réseaux sociaux, les applications de rencontre ou les appels téléphoniques.
Une libération miraculeuse
Kokou a réussi à s'échapper après plusieurs mois de captivité. Il a profité d'une fouille de routine pour alerter un garde corrompu, qui l'a aidé à fuir contre une forte somme d'argent. Il a ensuite été pris en charge par une ONG locale et rapatrié au Togo.
Depuis, il témoigne pour sensibiliser les autorités et le public à ce fléau. Il espère que son histoire permettra d'éviter à d'autres de vivre le même calvaire.
Des conséquences psychologiques graves
Les victimes de ces centres souffrent souvent de stress post-traumatique, d'anxiété et de dépression. Kokou suit un suivi psychologique, mais les cicatrices restent profondes. Il appelle les gouvernements à renforcer la lutte contre ces réseaux et à mieux protéger les citoyens.
Les autorités françaises alertées
L'affaire a été portée à la connaissance des autorités françaises, qui enquêtent sur les ramifications de ces réseaux. Plusieurs plaintes ont été déposées par des victimes françaises, mais les poursuites sont complexes en raison de la localisation des criminels à l'étranger.
Le ministère des Affaires étrangères recommande aux voyageurs d'être vigilants face aux offres d'emploi trop alléchantes et de vérifier la légalité des recruteurs.



