Accord Iran-USA fragilisé : négociations reportées, frappes au Liban
Accord Iran-USA fragilisé : report et frappes au Liban

À peine signé, déjà fragilisé. Le protocole d’accord avec Téhéran, paraphé par Donald Trump le 17 juin sous les dorures du château de Versailles, devait être suivi par des premiers pourparlers en Suisse ce vendredi 19 juin. Mais les deux petits jours d’intervalle ont suffi à tout faire capoter : les négociations ont été reportées sine die.

Les négociations prévues en Suisse reportées sine die

Les négociations prévues ce vendredi en Suisse entre l’Iran et les États-Unis en vue d’un accord devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient ont été reportées sine die, a annoncé le gouvernement suisse. « Les discussions prévues entre les États-Unis, l’Iran, le Qatar et le Pakistan ont été reportées. La Suisse reste disposée à faciliter ces discussions. Les travaux préparatoires correspondants se poursuivent », a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un message transmis à l’AFP, sans fournir de précision sur une prochaine date pour ces pourparlers.

Ces négociations, d’une durée reconductible de 60 jours, devaient être centrées sur le programme nucléaire iranien. Elles devaient démarrer à l’occasion d’une cérémonie ce vendredi dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac de Lucerne.

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Mais le vice-président américain J.D. Vance, qui devait y représenter son pays, a reporté sa venue, de même que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été décisive. « Les plans pour les discussions techniques à venir n’ont pas été finalisés, et la délégation américaine s’est préparée à partir à la première opportunité. Mais la logistique pour ces négociations n’a jamais été simple ni prévisible. Pour le moment, le vice-président ne partira pas ce soir », a annoncé jeudi la Maison Blanche.

Le protocole d’accord a été signé électroniquement et à distance mercredi par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump. Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré jeudi dans un message écrit l’avoir approuvé malgré des réserves. « Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l’avenir ne présagent pas de l’acceptation du point de vue de l’ennemi », a souligné l’ayatollah Khamenei, qui n’a pas été vu en public depuis qu’il a succédé en mars à son père Ali Khamenei, tué dans les bombardements israélo-américains sur l’Iran.

Reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz

En attendant, le trafic a repris dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, doublement verrouillé depuis le début de la guerre par l’Iran et le blocus américain, lequel a été levé jeudi comme prévu dans l’accord. Les forces américaines « ont laissé plus d’une douzaine de bateaux passer », a affirmé J.D. Vance. La télévision d’État iranienne, citant un communiqué du Conseil suprême de sécurité nationale du pays, a annoncé que les navires souhaitant traverser le détroit devraient soumettre leur demande à un nouvel organisme gouvernemental. Conformément aux termes du protocole, « aucun frais » ne sera perçu « pendant une période de 60 jours », a-t-elle rappelé.

18 morts dans des frappes israéliennes au Liban

Malgré l’apaisement, « le combat n’est pas terminé », a déclaré de son côté jeudi Benyamin Netanyahou, qui n’a aucune intention de jouer le jeu de la paix à quatre mois d’élections législatives où il jouera sa survie politique. Le Premier ministre israélien n’a pas commenté directement l’accord, vivement critiqué en Israël y compris au sein du gouvernement.

« Si j’étais au gouvernement israélien, peut-être que je n’attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète », a tancé J.D. Vance, appelant les contempteurs israéliens des décisions américaines « à prendre conscience de la réalité ». Appelant à préserver la « relation vitale » avec les États-Unis, Benyamin Netanyahou n’en a pas moins réaffirmé que les forces israéliennes resteraient dans le sud du Liban « tant que les besoins sécuritaires l’exigeront », alors que le protocole d’accord prévoit la fin des hostilités « sur tous les fronts, y compris au Liban ».

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Depuis l’annonce de sa conclusion, lundi, Israël a poursuivi ses frappes sur le pays voisin contre le Hezbollah pro-iranien. Les frappes israéliennes menées dans la nuit de jeudi à ce vendredi ont fait au moins 18 morts et 33 blessés selon un bilan provisoire du ministère libanais de la Santé, le plus lourd bilan publié depuis l’annonce de la conclusion de l’accord. De son côté, Israël a annoncé la mort de quatre de ses soldats, les premiers depuis la signature de l’accord entre les États-Unis et l’Iran. « Tout le Liban doit brûler », a déclaré dans la foulée le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite et allié politique clef de Benyamin Netanyahou.