La jeunesse libanaise de Nîmes face à la guerre : entre résilience et inquiétude
À Nîmes, dans le Gard, une communauté de jeunes Libanais vit avec une inquiétude grandissante face à l'escalade des violences dans leur pays d'origine. Depuis une dizaine de jours, des bombardements depuis Israël vers le sud du Liban ravivent les craintes pour les familles et les proches restés sur place. Entre ras-le-bol et résilience, ces jeunes expriment un attachement profond à leur terre natale tout en tentant de construire leur vie en France.
Un quotidien marqué par l'inquiétude
Fabien Kabak, né en France d'une mère libanaise et d'un père syrien, termine son master 2 en communication. "J'ai une vraie attache avec le Liban, si je le pouvais, je passerais ma vie à parler de ce qu'il se passe là-bas", confie-t-il. Comme lui, Charbel Kadi et Olga El Kik, tous deux doctorants à l'École des mines d'Alès, sont installés à Nîmes depuis trois ans. Leur liste de courses à l'épicerie fine Mésopota'Nîmes, le restaurant des parents de Fabien, témoigne de leur volonté de maintenir un lien avec leur culture.
"On en a marre des guerres, surtout celles des autres", lancent-ils de concert, rêvant de paix. Charbel explique leur dilemme : "Il y avait une décision à prendre, soit continuer à espérer pour quelque chose qui ne s'est pas produit pour nos parents, soit partir." Olga renchérit, secouant légèrement la tête : "C'était trop dur de s'arracher à son pays."
La vie continue malgré tout
Même en temps de guerre, le Liban continue à faire du commerce, à ouvrir ses bars et ses restaurants. Le pays persiste à vivre. Fabien songe, un sourire aux lèvres : "Même s'il y a la guerre, le fait d'en parler me donne envie d'y aller." Cette résilience est partagée par une étudiante en master 1 de psychologie, préférant rester anonyme, arrivée à Nîmes en août 2025 à regret face à l'insécurité de son pays.
Le 2 mars, une courte nuit de quatre heures aura suffi à tout changer. Pour tromper l'inquiétude, elle ironise : "Mes parents ont déjà vécu la guerre, alors on suit le protocole habituel." Ils ont été déplacés du sud du Liban une nouvelle fois, et elle se rappelle lorsqu'elle avait fait partie du voyage en 2023. "Malgré le danger, je culpabilise, révèle-t-elle, je suis en sécurité mais je voudrais être avec eux."
Un cycle de guerre interminable
Tous le reconnaissent : le Liban n'est pas souverain. "Il ne contrôle pas ce qu'il se passe dans le pays", raconte Charbel. Depuis 1948, "un cycle de guerre et de haine interminable" empêche le pays de prospérer. Le souhait d'un soutien de la France au Liban se fait attendre, ajoutant à la frustration de cette jeunesse éloignée.
Avant de conclure, l'étudiante anonyme résume leur état d'esprit : "On vit le moment présent parce qu'on a que ça." Cette phrase résonne comme un mantra pour ces jeunes Libanais de Nîmes, partagés entre l'espoir d'un avenir meilleur et la dure réalité d'un conflit qui semble sans fin.



