Les sénateurs américains ont adopté une résolution visant à geler leur propre rémunération en cas de shutdown budgétaire, une décision symbolique destinée à montrer leur détermination à éviter une paralysie des services fédéraux. Cette initiative, soutenue par des élus des deux partis, intervient alors que les négociations sur le budget fédéral pour l'année fiscale 2026 sont dans l'impasse.
Une mesure symbolique mais sans précédent
La résolution, adoptée à une large majorité, prévoit que les salaires des sénateurs seront bloqués dès le premier jour d'un éventuel shutdown. Jusqu'à présent, les parlementaires continuaient à être payés même en cas de paralysie budgétaire, ce qui suscitait des critiques de l'opinion publique. Le texte précise que les fonds ainsi économisés seront reversés au Trésor américain.
Réactions bipartisanes
Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a salué une « avancée majeure pour la responsabilité fiscale ». De son côté, le leader républicain Mitch McConnell a estimé que cette mesure « envoie un signal fort aux contribuables ». Toutefois, certains élus conservateurs ont exprimé des réserves, jugeant la proposition « purement symbolique ».
Le président Joe Biden a rapidement réagi, appelant le Congrès à « aller plus loin » et à adopter un budget équilibré. La Maison-Blanche a indiqué suivre de près les discussions, alors que la date limite pour éviter un shutdown approche.
Un contexte budgétaire tendu
Les États-Unis sont régulièrement confrontés à des menaces de shutdown, le dernier en date remontant à décembre 2024. Les désaccords portent notamment sur les dépenses de défense, les programmes sociaux et la réforme du système de santé. La résolution sur le gel des salaires des sénateurs est perçue comme une tentative de restaurer la confiance des Américains dans leurs institutions.
Selon un sondage récent, 72 % des électeurs estiment que les élus devraient être privés de paie en cas de shutdown. Cette pression populaire a sans doute contribué à l'adoption rapide de la mesure.
Prochaines étapes
Le texte doit encore être examiné par la Chambre des représentants, où son adoption est incertaine. Les républicains, majoritaires à la Chambre, pourraient y ajouter des amendements. En attendant, les négociations sur le budget se poursuivent, avec une échéance fixée au 30 septembre.
Si aucun accord n'est trouvé, les services fédéraux non essentiels seraient suspendus, affectant des centaines de milliers de fonctionnaires. Le gel des salaires des sénateurs, bien que modeste, pourrait servir de catalyseur pour un compromis.



