Deux ans à peine après son arrivée au 10 Downing Street, Keir Starmer semble plus que jamais menacé de perdre le pouvoir. De nombreuses polémiques, notamment l’affaire Mandelson/Epstein, l’ont affaibli ces derniers mois. Le chef de l’exécutif travailliste lutte désormais pour sa survie, au lendemain d’élections locales où son parti a obtenu des résultats désastreux.
Une pression interne croissante
En début de semaine, pas moins de 86 députés travaillistes (sur 404) ont appelé à la démission de Keir Starmer. En coulisses, les manœuvres pour le remplacer se multiplient. Ce jeudi 14 mai, le ministre de la Santé Wes Streeting, pressenti comme l’un des principaux concurrents du Premier ministre pour prendre la direction du Parti travailliste et les clés du 10 Downing Street, a annoncé démissionner du gouvernement.
« Il est désormais clair que vous ne mènerez pas le parti travailliste aux prochaines élections législatives », prévues en 2029, et « là où nous avons besoin d’une vision, il y a un vide », a-t-il écrit dans sa lettre de démission adressée à Keir Starmer.
Plusieurs prétendants pour lui succéder
Wes Streeting est situé à la droite du Parti travailliste, que Keir Starmer avait déjà recentré en 2024 pour conquérir le pouvoir et mettre fin à 14 ans de domination du Parti conservateur. Il y a deux ans, l’ex-ministre de la Santé avait été élu à la Chambre des communes, battant avec 600 voix d’écart Leanne Mohamad, ancienne travailliste qui dénonçait les positions pro-israéliennes du parti après le début de la guerre à Gaza.
Keir Starmer est aussi concurrencé sur sa gauche par son ancien bras droit, Angela Rayner. Ancienne vice-Première ministre, elle a été « blanchie de tout acte répréhensible » dans une affaire fiscale qui l’avait conduite à quitter le gouvernement et ses fonctions au sein du Labour en septembre dernier. Interrogée sur une potentielle candidature, Angela Rayner a écarté la possibilité d’ouvrir elle-même les hostilités : « j’ai été claire sur le fait que je n’allais pas défier le Premier ministre », a-t-elle déclaré au journal The Guardian, affirmant toutefois que Starmer devait « réfléchir » à l’éventualité de se retirer. Elle a toutefois fait part de sa volonté de « jouer (son) rôle », laissant entendre qu’elle pourrait rejoindre la course si un autre responsable travailliste se lançait.
D’autres candidats potentiels
Selon les règles du parti, tout candidat devrait obtenir le soutien de 81 députés travaillistes – soit 20 % des effectifs du Labour au Parlement – pour déclencher une élection interne. Dans cette éventuelle course, Andy Burnham, maire du Grand Manchester, est aussi très apprécié par les députés de l’aile gauche du parti. Mais il existe un obstacle de taille pour ce dernier : l’édile de 56 ans, personnalité politique la plus populaire au sein du Labour selon les sondages, devrait d’abord être élu député à Westminster lors d’une législative partielle, avant d’être autorisé à participer à un vote pour élire le nouveau chef du Labour.
Starmer entend rester à son poste
Keir Starmer, lui, n’entend pas quitter son poste. Mercredi à la Chambre des communes, il a promis qu’il « tiendrait ses promesses en matière de sécurité économique », face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, et qu’il « irait plus loin » sur l’immigration ou pour améliorer le service public de santé, deux des principales préoccupations des Britanniques.
La pression reste forte sur le Premier ministre, alors que les appels à son départ se multiplient et que les ambitions de ses concurrents se précisent.



