Les dirigeants européens abordent le sommet de l'OTAN qui s'achève mercredi 8 juillet à Ankara avec un optimisme prudent, estimant que le rapport de force a évolué en leur faveur face au président américain Donald Trump. Inspirés par la manière dont les Belges ont su résister aux États-Unis lors de la Coupe du monde de football, malgré les accusations de tricherie de Trump, les Européens espèrent désormais « dompter » le locataire de la Maison-Blanche.
Un rapport de force qui penche en faveur de l'Europe
Selon plusieurs diplomates européens, la dynamique des négociations a changé. « Nous ne sommes plus dans la position de faiblesse que nous connaissions il y a un an », confie un haut responsable français sous couvert d'anonymat. Les Européens estiment que les divisions internes aux États-Unis et les revers diplomatiques de Trump sur la scène internationale ont réduit sa marge de manœuvre.
« La séparation transatlantique reste douloureuse pour beaucoup d'entre nous, mais désormais, il s'agit plus d'apprendre à dormir dans des lits séparés que de craindre un divorce acrimonieux », analyse un diplomate allemand.
Les enjeux du sommet d'Ankara
Au cœur des discussions : le financement de l'OTAN, la présence militaire en Afghanistan, et les tensions avec la Russie. Les Européens entendent résister aux pressions de Trump qui réclame une augmentation significative de leurs contributions financières. « Nous sommes prêts à faire plus, mais pas à n'importe quelles conditions », prévient un conseiller de la Commission européenne.
Un autre point sensible concerne les relations commerciales transatlantiques, que Trump a menacées de sanctions si les Européens n'augmentent pas leurs dépenses militaires. Les dirigeants européens espèrent trouver un terrain d'entente sans céder aux ultimatums.
Une stratégie européenne unifiée
Pour faire face à Trump, les Européens ont préparé une stratégie commune, coordonnée en amont du sommet. « Nous avons appris de nos erreurs passées. Cette fois, nous parlons d'une seule voix », affirme un responsable du Conseil européen. Cette unité est perçue comme la clé pour obtenir des concessions de la part de Washington.
Les experts estiment que la donne a changé depuis le début du mandat de Trump. « Les Européens ont compris que la diplomatie du chantage ne fonctionne pas avec Trump. Ils misent désormais sur une approche pragmatique, en mettant en avant leurs propres atouts », explique un analyste politique basé à Bruxelles.
Le sommet d'Ankara s'achèvera mercredi, et les regards sont tournés vers la conférence de presse finale. Les Européens espèrent que les résultats seront à la hauteur de leurs attentes, mais restent conscients que les relations transatlantiques sont entrées dans une nouvelle ère, faite d'incertitudes et de négociations constantes.



