Une commémoration controversée de la révolution hongroise de 1956
L'historienne française Catherine Horel, spécialiste de l'Europe centrale, a récemment émis de vives critiques à l'encontre du Premier ministre hongrois Viktor Orbán. Elle accuse ce dernier de transformer la commémoration de la révolution de 1956 en un événement qu'elle qualifie de "commémorité", où les adversaires désignés sont les communistes, mais pas les Russes.
Une instrumentalisation politique selon l'historienne
Dans ses analyses, Catherine Horel souligne que le gouvernement hongrois, sous la direction d'Orbán, utilise cette date historique à des fins politiques internes. La révolution de 1956, qui fut un soulèvement populaire contre le régime communiste soutenu par l'Union soviétique, est selon elle présentée de manière sélective.
L'historienne met en avant que cette approche permet à Orbán de consolider son discours nationaliste, en focalisant l'attention sur les communistes comme ennemis, tout en évitant soigneusement de mentionner le rôle de la Russie, héritière de l'URSS. Cette omission est perçue comme une stratégie visant à ne pas froisser les relations actuelles entre la Hongrie et la Russie.
Les implications pour la mémoire collective
Cette réécriture de l'histoire, selon Catherine Horel, a des conséquences profondes sur la mémoire collective hongroise. En minimisant le rôle de l'Union soviétique dans la répression de la révolution, le gouvernement contribue à une vision tronquée des événements.
- Elle note que cela sert à renforcer le récit d'une Hongrie résistante face au communisme, tout en occultant les complexités historiques.
- Cette démarche s'inscrit dans une tendance plus large de révisionnisme observée dans certains pays d'Europe centrale.
Pour Catherine Horel, il est crucial de préserver l'intégrité des faits historiques, afin que les leçons du passé ne soient pas déformées à des fins politiques. Elle appelle à une commémoration plus équilibrée et honnête, qui reconnaîtrait pleinement le rôle de toutes les parties impliquées, y compris la Russie.
Un contexte politique actuel tendu
Ces critiques interviennent dans un contexte où les relations entre la Hongrie et l'Union européenne sont déjà tendues, notamment sur des questions de démocratie et de droits. L'utilisation de l'histoire par Orbán est vue comme un outil pour légitimer ses politiques et consolider son pouvoir.
En conclusion, les remarques de Catherine Horel mettent en lumière les dangers de l'instrumentalisation de l'histoire. Elles rappellent l'importance d'une mémoire collective précise et non manipulée, essentielle pour la construction d'une société démocratique et éclairée.



