L'Union européenne se prépare à utiliser le Jet A américain
L'Union européenne assure que ses pays membres sont à l'abri des pénuries de kérosène, mais Bruxelles se prépare à tous les scénarios. Vendredi 8 mai, l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a ouvert la piste de l'utilisation du Jet A, un carburant américain proche du Jet A-1 européen mais moins performant. Cette décision intervient alors que la guerre entre Israël et l'Iran fait craindre des tensions sur l'approvisionnement mondial en kérosène.
Différences techniques entre le Jet A et le Jet A-1
Le Jet A américain n'est actuellement pas utilisé en Europe, sauf pour des vols en provenance des États-Unis. Sa principale différence avec le Jet A-1 réside dans la résistance aux basses températures. Le Jet A-1 possède un point de congélation maximal de -47 °C, contre -40 °C pour le Jet A. Un écart de 7 °C crucial pour les vols long-courriers où les températures peuvent être extrêmes. De plus, le Jet A ne contient pas l'additif antistatique présent dans le Jet A-1, essentiel pour dissiper les charges électriques lors du remplissage des réservoirs et réduire les risques d'étincelles.
Pas de pénurie mais des préoccupations économiques
Les 27 États membres répètent qu'il n'y a pas de pénurie de kérosène en Europe. En France, le ministre de l'Économie Roland Lescure a affirmé qu'il n'y a "aucune crainte" de pénurie en mai et juin. Cependant, la transition vers le Jet A est envisagée pour des raisons économiques. Avant la guerre au Moyen-Orient, 20 % du kérosène consommé en Europe transitait par le détroit d'Ormuz. Avec l'envolée des prix, des compagnies aériennes, notamment low-cost, ont annoncé des suppressions de vols.
Vers une diversification des carburants
À plus long terme, Bruxelles insiste sur le développement de carburants d'aviation durables (SAF). Selon Matteo Mirolo, spécialiste du transport aérien, "la crise devrait pousser les États à investir dans les carburants alternatifs SAF dans l'aviation civile et militaire, pas seulement pour des raisons climatiques, mais aussi pour des raisons de souveraineté énergétique". Si la crise perdure, l'UE envisage également une coordination entre les Vingt-Sept pour libérer des stocks d'urgence et un partage volontaire du kérosène.



