Onze ans après le succès de la drag-queen à barbe Conchita Wurst, le concours de l’Eurovision reviendra à Vienne pour sa 70e édition. Le concours a annoncé ce mercredi 20 août la ville hôte de l’édition 2026. L’année dernière, c’est l’austro-philippin JJ qui avait triomphé loin devant Louane, 7e.
Ce qu’il faut retenir
L’Eurovision 2026 se tiendra à Vienne le 16 mai, dix ans après sa dernière édition autrichienne. La ville a été préférée à Innsbruck par l’ORF, après la victoire de JJ, contre-ténor austro-philippin de 24 ans. L’annonce relance les débats : JJ a critiqué la participation d’Israël, tandis que l’extrême droite autrichienne dénonce un événement "woke" coûteux, dans un contexte économique tendu. Vienne, forte de son image musicale et de son ouverture, accueillera l’événement dans la Wiener Stadthalle, salle de 16 000 places, sous le slogan "Europe, shall we dance ?".
Retour à Vienne, temple de la musique classique
L’Eurovision revient à Vienne, temple de la musique classique préféré à la ville de montagne Innsbruck, a annoncé mercredi 20 août la radiotélévision publique autrichienne ORF, organisatrice l’an prochain du concours de la chanson, dont la finale est prévue le 16 mai. La capitale de plus de deux millions d’habitants s’était portée candidate avec le slogan "Europe, shall we dance ?" (Europe, dansons-nous ?), forte du succès de l’édition 2015 après le triomphe de la drag-queen barbue Conchita Wurst. Cette fois, c’est le jeune artiste JJ, contre-ténor austro-philippin de 24 ans, qui a ramené le trophée à la maison.
"La réputation de Vienne, considérée comme l’une des villes les plus importantes au monde sur le plan de la musique, et sa situation au cœur de l’Europe en font la ville hôte idéale" pour ce 70e concours, a commenté dans un communiqué Martin Green, le directeur de l’Eurovision, après l’annonce du lieu sur les antennes d’ORF.
Un retour dans le pays, 10 ans après
Vienne avait aussi accueilli l’Eurovision en 1967, un peu plus de dix ans après sa création. Mais l’événement n’a plus rien à voir avec ses débuts : désormais extravagant, spectaculaire et souvent kitsch, il est suivi par 166 millions de téléspectateurs dans 37 pays, et séduit les nouvelles générations sur les réseaux sociaux. Avec chaque année, son lot de polémiques : s’il s’est par la suite excusé pour ses propos, Johannes Pietsch, alias JJ, a regretté après sa victoire la participation d’Israël au concours malgré l’offensive meurtrière menée à Gaza, espérant que le pays en serait exclu en 2026. Il avait aussi appelé à "une plus grande transparence" concernant le vote du public, qui a propulsé au second rang cette année à Bâle la chanteuse israélienne et survivante de l’attaque sanglante du 7 octobre 2023, Yuval Raphael. Et dans les rues de Suisse comme en Suède un an plus tôt, des manifestants pro-palestiniens avaient fait le déplacement pour faire entendre leur voix. Des pays ont déjà été exclus du concours, à l’instar de la Biélorussie en 2021 après la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko. La Russie l’a été un an plus tard, après avoir envahi l’Ukraine.
L’extrême droite autrichienne dénonce un spectacle "queer, gauchiste, woke"
L’Eurovision est aussi une grande fête pour la tolérance, offrant une importante visibilité à la communauté LGBT+. En clin d’œil au concours, Vienne avait installé en 2015 des feux piétons de signalisation mettant en scène des couples gays au lieu du petit bonhomme solitaire. Plébiscités par le public, ces pictogrammes ont perduré et essaimé dans plusieurs villes d’Autriche. De quoi déplaire au parti d’extrême droite autrichien FPÖ. Vainqueur l’an dernier des législatives même s’il a échoué à former un gouvernement, il a dénoncé "un spectacle queer, gauchiste et woke", et pointé "l’irresponsabilité" d’une telle organisation au moment où l’Autriche, visée par une procédure de la Commission européenne pour déficit excessif, croule sous "une montagne historique de dettes". En Suisse, la facture de l’événement a été estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros.
Malgré ce coût non négligeable, le maire social-démocrate Michael Ludwig s’est dit "prêt" à relever le défi, vantant une capitale "cosmopolite" habituée des événements internationaux, aux "énormes capacités d’hébergement" et extrêmement bien reliée au reste de l’Europe par l’avion et le train. L’Eurovision aura lieu, comme en 2015, dans la Wiener Stadthalle, salle de concerts pouvant accueillir jusqu’à 16 000 personnes. "Together on top" (Ensemble au sommet) : la touristique Innsbruck, dans le Tyrol, avait misé sur la carte alpine et son "hospitalité" pour l’emporter mais la ville de 132 000 habitants a perdu le duel face à la capitale.



