Le 29 juin, une délégation d'eurodéputés a visité la base stratégique d'Ile Longue, dans le Finistère. Pénétrant dans l'un des bâtiments, ils ont été saisis par la solennité des lieux, se remémorant le discours prononcé par Emmanuel Macron le 2 mars devant les plus hautes autorités militaires. La nouvelle doctrine de "dissuasion nucléaire avancée", évoquée par le président, suscite des interrogations profondes : qui sera, en 2027, le chef des armées de la seule puissance nucléaire de l'Union européenne ?
Des questions pressantes sur l'avenir de la défense européenne
Deux députés néerlandais ont brisé le silence imposant pour interroger Nathalie Loiseau, députée européenne Renew. "Que se passera-t-il si le RN arrive au pouvoir ? Plus de dissuasion avancée ? Plus de défense européenne ? Plus de France dans le commandement intégré de l'Otan ? Mais ce n'est pas possible !" se sont-ils exclamés. Cette visite intervient dans un contexte de campagne présidentielle française où les enjeux de défense et de souveraineté sont au premier plan.
Auditions et inquiétudes à Bruxelles
Le 22 juin, Nathalie Loiseau avait déjà répondu à des interrogations similaires après l'audition, à Bruxelles, de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo. Les eurodéputés, conscients de l'importance de l'élection présidentielle française pour l'avenir de la défense européenne, multiplient les échanges. Selon une source proche de la délégation, "la perspective d'une victoire du Rassemblement national (RN) en 2027 est perçue comme une menace directe pour la coopération militaire au sein de l'UE et avec l'Otan".
Un vertige face à l'inconnu
La doctrine de "dissuasion nucléaire avancée", présentée par Emmanuel Macron, vise à renforcer le rôle de la France dans la sécurité européenne. Cependant, son avenir dépend du prochain locataire de l'Élysée. Les eurodéputés, dont plusieurs sont favorables à une défense européenne intégrée, redoutent un changement de cap si le RN, historiquement eurosceptique et proche de positions souverainistes, venait à diriger le pays. "Nous avons besoin de garanties sur la continuité de la politique de défense française", a confié un diplomate européen sous couvert d'anonymat.
Des enjeux qui dépassent les frontières
La base d'Ile Longue, qui abrite une partie de la force de dissuasion nucléaire française, symbolise l'engagement de Paris dans la défense européenne. Pour les eurodéputés, la question est désormais de savoir si cet engagement perdurera après 2027. "La France est un pilier de la sécurité en Europe. Si ce pilier vacille, c'est tout l'édifice qui est menacé", a déclaré un eurodéputé allemand. Les prochains mois seront décisifs pour rassurer les partenaires européens sur la pérennité de la stratégie de défense française.



