Dans un entretien accordé au Point, le député européen Benjamin Haddad (Renew Europe) dénonce la stratégie des souverainistes français qui, selon lui, « avancent masqués » en prônant une refonte de l'Union européenne pour mieux préparer une sortie de la France. Il estime que ces discours, souvent portés par des figures politiques comme Éric Zemmour ou Marine Le Pen, visent à « déconstruire l'UE de l'intérieur ».
Une stratégie de déconstruction
Benjamin Haddad affirme que les partisans du Frexit ne se présentent plus ouvertement comme tels, mais utilisent un vocabulaire de « réforme radicale » ou de « souveraineté retrouvée ». Il cite l'exemple du Brexit : « Les Brexiters disaient aussi vouloir réformer l'UE avant de finalement prôner la sortie. » Selon lui, cette approche est dangereuse car elle « masque les conséquences économiques et politiques d'une sortie de l'UE ».
Le député européen rappelle que la France bénéficie de « 4 milliards d'euros par an » de fonds européens et que quitter l'UE entraînerait « une perte de pouvoir d'achat pour les ménages et une dégradation de la compétitivité des entreprises ». Il s'appuie sur une étude de l'OFCE qui estime que le Frexit coûterait « 2,5 points de PIB à la France ».
Un appel à la vigilance
Benjamin Haddad appelle les citoyens à ne pas se laisser séduire par des promesses de « souveraineté » qui, en réalité, « affaibliraient la France sur la scène internationale ». Il souligne que l'UE est « un bouclier face aux géants américains et chinois » et que les souverainistes « jouent le jeu de Poutine en fragilisant l'Europe ».
Le député européen insiste sur la nécessité de « réformer l'UE pour la rendre plus efficace, mais sans la détruire ». Il plaide pour une Europe « qui protège, qui investit dans la transition écologique et numérique, et qui défend ses valeurs démocratiques ».
Des critiques sur la politique de Macron
Interrogé sur la politique européenne d'Emmanuel Macron, Benjamin Haddad reconnaît que « des progrès ont été faits, mais il reste beaucoup à faire ». Il critique notamment la lenteur des réformes sur le marché unique numérique ou la politique de défense commune. « Nous devons accélérer, sinon les populistes continueront à prospérer », avertit-il.
Il conclut en lançant un appel aux électeurs : « Ne tombez pas dans le piège des faux réformateurs. Le Frexit n'est pas une solution, c'est une impasse. »



