Favori des sondages pour la présidentielle de 2027, Jordan Bardella a choisi son modèle : Friedrich Merz. À chaque question difficile – frontières, primauté du droit national, prix de l'électricité, contribution au budget européen –, le président du RN et du groupe Les Patriotes au Parlement européen répond par un précédent allemand.
Une stratégie habile
En s'appuyant sur les replis successifs de Berlin, il légitime un projet où la France réclamerait, elle aussi, le droit de jouer sa partition souveraine. Le chancelier Merz lui offre ainsi, sans le vouloir, le meilleur argument de campagne qui soit. Et si les Français en décident ainsi en 2027, les deux hommes seront interlocuteurs directs. Le projet européen en sera sérieusement remanié et atténué, détaille Jordan Bardella dans un grand entretien accordé au Point concernant l'Europe.
Frontières : le modèle allemand
Le Point : Le chancelier Merz a rétabli les contrôles aux frontières allemandes. Vous annoncez depuis de longues années vouloir rétablir des contrôles aux frontières. Mais s'agira-t-il de contrôles aléatoires, comme le fait l'Allemagne, ou de contrôles stricts sur tous les véhicules et tous les individus avec vérification des titres de séjour ?
Jordan Bardella : Je note depuis plusieurs années, et encore plus depuis plusieurs mois, un revirement total de la politique allemande en matière d'immigration. J'appartiens à ceux qui considèrent que la politique d'accueil sans limite conduite par Angela Merkel a contribué à déstabiliser les sociétés européennes de l'intérieur, avec des conséquences majeures sur l'ensemble des pays voisins de l'Allemagne. Je note également que, sous la pression électorale de l'AfD, le gouvernement du chancelier Merz a intégré la préoccupation migratoire dans ses choix politiques.
Lors des élections européennes de 2024, nous avons fait campagne sur la mise en œuvre d'une double frontière : d'une part, le droit pour Frontex de refouler les arrivées de migrants clandestins sur les côtes européennes ; d'autre part, la possibilité pour les États membres de rétablir de manière durable des contrôles aux frontières.
Nous sommes favorables à cette réforme au niveau européen et, si nous gagnons les élections dans quelques mois, nous nous engageons à refaire de Schengen un projet véritablement européen, c'est-à-dire à limiter la libre circulation dans l'Union européenne aux seuls ressortissants des pays membres. De manière très concrète, le choix espagnol de régulariser 500 000 étrangers ne pourra pas donner à ces personnes le droit de circuler librement dans toute l'Union européenne.
Contrôles aléatoires mais renforcés
Mais cela exige donc des contrôles d'identité aux frontières…
Sur les modalités : la première frontière est juridique. À partir du moment où vous êtes un ressortissant extra-communautaire, même titulaire d'un titre de séjour dans un État membre, si vous êtes contrôlé en France, vous êtes considéré comme présent illégalement sur le sol national. Les contrôles aux frontières dont nous parlons sont naturellement aléatoires. On ne va pas bloquer tout le monde. Il s'agira de contrôles renforcés aux points de passage migratoires identifiés.
Mais pour avoir rencontré à plusieurs reprises les fonctionnaires de la police aux frontières, notamment entre la France et l'Italie à Menton, on sait parfaitement où sont ces points de passage : le Perthus à l'Ouest, le bassin de Menton et de la Roya à l'Est. Il faut donc des contrôles aléatoires aux frontières et une présence policière renforcée à ces endroits précis.
Primauté du droit national
Vous avez déclaré, dans la presse allemande, vouloir placer le droit national au-dessus du droit européen sur l'immigration. Mais au-dessus du droit européen, il y a le droit international : la Convention de Genève de 1951, la CEDH, le Conseil de l'Europe. Faut-il aller jusqu'à sortir de certaines conventions internationales ou les renégocier ? Sur le refoulement par Frontex que vous évoquiez, ça coince précisément au niveau international…
Je suis profondément républicain et, par conséquent, attaché à la supériorité de la Constitution française et donc au pouvoir du peuple français sur toute considération internationale. L'accusation lancée par Angela Merkel cette semaine à notre endroit est infondée : la Cour de Karlsruhe elle-même entérine la supériorité de la Constitution allemande sur les traités.
Nous souhaitons donc, tout en restant dans un cadre commun, permettre à la France de réaffirmer la primauté du droit national sur les sujets liés à l'immigration et au contrôle de ses frontières. Cela nous amènera, dès notre arrivée au pouvoir, à engager un référendum à valeur constitutionnelle permettant à tous les mécanismes de restriction de l'immigration – sur les plans financier, économique, juridique – d'être intégrés à la Constitution.
Nous proposons concrètement : l'expulsion systématique des délinquants et criminels étrangers ; la priorité nationale, c'est-à-dire la priorité pour les familles françaises dans l'accès au logement social où, selon l'INSEE, 33 % des immigrés occupent aujourd'hui un logement social, et 45 % des ressortissants algériens présents en France ; le traitement des demandes d'asile dans les ambassades et consulats des pays de départ ; et la suppression du droit du sol, qui est une exception. Nos voisins italiens, par exemple, ne l'ont pas. Sur le modèle de l'opt-out danois, la volonté du peuple français et donc le droit national primera en matière d'immigration sur les considérations européennes.
L'opt-out danois avait été négocié avant l'adhésion, ce qui est beaucoup plus simple. Une fois qu'on est dans l'Union, c'est autrement difficile.
Il y a quelque chose de fondamental qui s'appelle la démocratie et qui me semble un considérant supérieur au traité. À partir du moment où les Français considèrent que l'immigration est un sujet majeur, nous leur disons avec franchise qu'une loi ordinaire au Parlement ne pourra pas régler le problème. Nous soumettrons donc ce projet de loi par référendum, et il aura valeur constitutionnelle.
Ce sera un fait politique unilatéral vis-à-vis de l'UE…
Un fait politique qui deviendra juridique, mais qui ne sera adopté que par le peuple français. Si les Français estiment que la politique d'immigration de l'Europe va dans le bon sens, ils le diront lors de ce référendum…
Défense : une affaire nationale
Vous avez pour principe que l'Europe ne doit pas se mêler de l'industrie de défense, l'un des domaines d'excellence de la France. Est-ce la fin de tous les projets militaires avec l'Allemagne, l'Espagne et d'autres partenaires européens ?
Plutôt que « l'Europe de la Défense », je suis pour la défense des nations européennes. La défense est une prérogative nationale et doit le rester. Mais elle appelle naturellement à des coopérations industrielles. Tout le monde déplore aujourd'hui l'échec des négociations franco-allemandes sur le SCAF (l'avion du futur en commun avec l'Allemagne et l'Espagne, NDLR). Ce qui ne signifie pas que l'intégralité du projet est compromise : des coopérations sur les drones et sur certains matériels de défense sont en bonne voie. Ces coopérations existent et doivent continuer d'exister. Je vous donne un exemple : l'alliance entre Dassault et la société allemande OHB sur l'avion spatial réutilisable est un gage de réussite européenne. C'est précisément l'Europe des projets que nous soutenons.
En revanche, je refuserai toujours que Mme von der Leyen ait le pouvoir d'envoyer des soldats français mourir sur un théâtre d'opérations extérieures. C'est la prérogative pleine et entière du président de la République, et ça doit le rester.
Ukraine : entre soutien et prudence
Sur l'Ukraine, les accords de sécurité bilatéraux signés par le président Macron en février 2024, vous les maintenez ou vous les dénoncez ?
Notre position de principe est constante : nous avons toujours condamné la violation de l'intégrité territoriale de l'Ukraine par la Russie. La Russie est une puissance nucléaire, la France l'est aussi. Nous avons donc toujours été extrêmement prudents pour que le soutien à l'Ukraine n'entraîne pas une guerre larvée entre deux puissances nucléaires.
Mais l'aide à l'Ukraine ?
Aider l'Ukraine, oui. Mais je note que le nouvel engagement financier promis à la fois par la France et par l'Europe – 18 milliards d'euros pour la France sur deux ans – n'est pas financé et ne le sera pas, parce que jamais l'Ukraine ne sera en mesure de rembourser ce prêt.
Il faut aujourd'hui négocier la paix, une paix qui permette à l'Ukraine d'obtenir des garanties de sécurité, et cela doit se faire au plus vite. La situation est difficile et va continuer à l'être : la Russie tire profit du contexte international et accumule des rentrées de cash considérables grâce à ses exportations de pétrole. Nous allons vers un monde incertain. La France doit être au côté de l'Ukraine, mais en veillant à ne pas se retrouver dans une position de guerre frontale avec la Russie. L'histoire nous a appris les risques pour la paix européenne et mondiale.
Au Parlement européen, vous n'avez pas voté en faveur de tous les instruments de soutien financier à l'Ukraine…
Pas tous, et nous l'assumons. Dans le même temps, des rapports de la Cour des comptes européenne soulignent le niveau de corruption abyssal du régime ukrainien. L'ancien chef de cabinet de M. Zelensky, mêlé à un scandale, a démissionné et doit d'ailleurs rendre des comptes. Je suis extrêmement soucieux de l'argent des Européens. Nous ne souhaitons pas envoyer en Ukraine l'argent que la France n'a pas et qui manque cruellement pour financer sa propre économie.
Au Conseil européen, si vous êtes élu, vous adopterez quelle position ? Celle du Premier ministre slovaque Robert Fico qui dit, en substance, « je ne bloque pas l'aide européenne, mais je ne la finance pas » ?
Si un certain nombre d'États en Europe souhaitent envoyer des armes et des fonds à l'Ukraine, c'est leur totale liberté. En revanche, lorsque cette aide est gagée sur le budget européen – auquel la France contribue –, la question se pose. Nous sommes pour la baisse de la contribution française au budget de l'Union. Comment la France compte financer l'aide à l'Ukraine aujourd'hui ?
Par de la dette.
Donc, la spécialité de la France, c'est de dépenser l'argent qu'elle n'a pas. Ce modèle n'est pas tenable.
Agriculture : renationaliser la PAC
Depuis longtemps, le RN parle de renationaliser les aides aux agriculteurs. Est-ce la fin de la PAC pour autant ?
Sous notre pression, la dernière politique agricole commune a laissé davantage de souplesse aux États membres pour définir le versement des subventions. C'est le principe d'une nationalisation partielle de leur distribution, et c'est une victoire idéologique pour nous.
En revanche, nos agriculteurs ont bien compris que l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne ferait imploser la politique agricole commune, à subventions constantes, et renforcerait considérablement une concurrence interne déloyale. On ne peut pas défendre à la fois la PAC, la compétitivité de notre agriculture, et vouloir faire entrer l'Ukraine dans l'UE. C'est un contresens politique et économique majeur.
Qui finance les 9 milliards annuels que la PAC verse aux agriculteurs français ? Ça reste le budget européen avec une contribution française ?
Le budget européen, dont la France est contributrice nette. Lorsqu'on dit aux Français que l'Europe finance leur agriculture, c'est faux ! C'est la France qui finance son agriculture. Et donc je revendique la possibilité de déterminer comment flécher ce budget selon les différentes exploitations agricoles. C'est l'esprit de la dernière PAC que nous avons réussi à imposer après plusieurs années de combat idéologique ici au Parlement européen.
Énergie : le paradis nucléaire
Pour redevenir une grande puissance économique, il faut redevenir un paradis énergétique.
Sur le nucléaire : vous voulez sortir des règles du marché de l'électricité tel qu'il fonctionne aujourd'hui – indexé sur le gaz en cas de surconsommation – mais sans renoncer à fournir de l'électricité à l'Allemagne. Comment fixer ce prix si ce n'est plus le marché qui le fait ?
Toutes les économies européennes tirent profit de leur avantage comparatif depuis Maastricht. Les pays d'Europe de l'Est bénéficient de bas coûts salariaux et sociaux. L'Allemagne a bénéficié d'un euro aligné sur le mark allemand. Toutes les économies de l'Union exploitent leur avantage comparatif. Toutes. Sauf nous, qui en sommes empêchés.
Les règles actuelles de fixation des prix de l'électricité, adossées à la dernière centrale appelée – souvent le gaz –, fragilisent la compétitivité de la France et renchérissent artificiellement les factures des classes populaires et moyennes. Nous souhaitons donc que la France dispose d'un prix de vente de l'électricité proche du coût de production historique du nucléaire de manière stable et pérenne.
Avec l'Allemagne, comment fait-on ?
Je note que l'Allemagne a décidé, il y a quelques semaines, de faire profiter ses grands industriels d'une électricité subventionnée à 50 euros le MWh. Il n'y a aucune raison que la première économie d'Europe puisse bénéficier d'un prix avantageux pour ses industriels sans que ce soit le cas pour la France pour l'ensemble de son économie alors que ses coûts de production le permettent.
Mais l'Allemagne n'est pas sortie du marché européen. Elle a utilisé une flexibilité légale, celle des aides d'État autorisées pour faire face à la crise énergétique. Elle a notifié cette aide à la Commission. Êtes-vous prêt, vous aussi, à notifier l'exception française sur le nucléaire à la Commission ?
Quand les Allemands veulent défendre leurs intérêts, peu importe la manière, ils y arrivent. Nous n'avons jamais su faire de même.
Si nous gagnons les élections, notre premier déplacement se fera à Bruxelles, et nous indiquerons à la Commission européenne qu'à partir de ce moment, la France vendra désormais son électricité domestique à un prix proche de son coût de production.
Et quel sera le prix pratiqué par la France pour l'Allemagne ?
Pour l'Allemagne comme les autres pays européens, nous conserverons le mode de calcul des prix partagé en Europe. Nous aurons un prix domestique et un prix d'échange européen. Cela ne changera rien pour nos partenaires, et nous permettra en revanche de bénéficier pleinement des fruits de notre production nucléaire. Les Français doivent bénéficier de cet atout que leur a légué le général de Gaulle, qui permet à la France d'avoir théoriquement l'une des électricités les moins chères et les plus décarbonées d'Europe. Pour redevenir une grande puissance économique, il faut redevenir un paradis énergétique.
Budget européen : le rabais français
Vous voulez un « rabais français » sur le budget européen, puisque l'Allemagne dispose aussi d'un rabais sur sa contribution au budget européen. Mais si vous arrivez au pouvoir en 2027 avec un budget européen déjà bouclé, comment négocier ce rabais ?
L'accélération du calendrier du prochain cadre financier pluriannuel est un coup de force antidémocratique, défendu à la fois par la présidente de la Commission et par le président français, pour verrouiller les institutions sur une période où il ne sera plus au pouvoir. C'est profondément scandaleux.
Cela dit, cette question fera partie des négociations. L'Allemagne et les Pays-Bas ont réussi à obtenir un rabais sur leur contribution. Nous entendons aussi nous inspirer de ce qui fonctionne ailleurs, c'est tout sauf de l'anti-européisme primaire…
En temps de crise, avec une France dans une situation budgétaire préoccupante, l'Europe, dont le budget ambitionne de croître de 80 %, avec une augmentation de 50 % des budgets dédiés aux jets privés des commissaires, doit faire des économies dans ses dépenses inutiles. La bureaucratie européenne doit entendre que la France n'est pas là pour subventionner une administration toujours plus lourde. L'argent mis en commun doit servir à la puissance et à la croissance des nations européennes, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Nos priorités de négociation sont claires : l'énergie, la transformation de Schengen en projet véritablement européen, et la participation française ramenée à son juste niveau au budget de l'Union.
Le président du Conseil, António Costa, défend lui l'accélération du calendrier non pas pour nuire à qui que ce soit, mais pour que le premier versement du Fonds de compétitivité soit disponible dès le 1er janvier 2028 et non un an plus tard, compte tenu du travail législatif nécessaire. C'est une autre explication, qui ne vous vise pas.
Il n'y a pas un Français qui attend aujourd'hui l'argent du Fonds de compétitivité de M. Costa. En revanche, beaucoup de Français sont extrêmement inquiets des conséquences du Green Deal, de l'inflation normative qui pèse sur l'industrie, de l'entrée en vigueur de l'ETS2 et du marché carbone qui va renchérir le prix à la pompe de 15 centimes par litre. Le choix économique fait par l'Europe relève de la décroissance et menace la compétitivité européenne à terme.
BCE : un mandat élargi
Vous voulez élargir le mandat de la Banque Centrale Européenne (BCE) à la croissance et à la production. Mais ceci requiert l'unanimité pour changer les traités. Les Allemands sont très frileux sur ce sujet, vu leur culte de la stabilité des prix. Ça ressemble à une mission impossible.
Nous souhaitons ouvrir ce débat. Nous sommes attachés à l'indépendance et à l'autonomie de la Banque centrale européenne que nous ne souhaitons en aucun cas remettre en question. Mais la question se pose : une BCE dont le mandat se limite essentiellement à la stabilité des prix est-elle encore adaptée à un monde en trouble permanent ?
Nous pensons que, en plus de la stabilité monétaire, la BCE devrait intégrer dans son mandat l'impératif de croissance et de prospérité économique. Ce qui pousserait sa direction à davantage de souplesse, de rapidité et d'agilité. Face à la course quotidienne à la compétitivité à laquelle se livrent la Chine et les États-Unis dans l'intelligence artificielle et les nouvelles technologies, l'Europe doit se demander si son rôle se limite à réguler des technologies conçues ailleurs. Je ne le crois pas. Et la fragilisation de l'économie allemande, due aux choix de la Chine, à sa dépendance énergétique à la Russie et à la multiplication des conflits, appelle à des réflexions nouvelles. On ne peut pas fonctionner dans le monde de demain avec les vieux réflexes du monde d'hier.
Cela signifie-t-il que vous demanderez à la BCE d'acheter de la dette française pour nous relancer ?
Avant de demander l'aide des autres, il faut commencer par remettre de l'ordre et de la discipline financière dans la maison France. C'est un chantier national qui n'implique pas nos partenaires européens. Avec Marine Le Pen, nous présenterons un plan de redressement des finances publiques au cours des prochains mois.
Modèles : Meloni plutôt qu'Orban
Giorgia Meloni avait annoncé beaucoup de choses en rupture avec l'UE avant d'accéder au pouvoir. Et une fois élue, elle a joué le jeu de la coopération européenne, obtenant des inflexions sur l'immigration. Est-elle une source d'inspiration plutôt que votre allié Viktor Orban, qui penchait pour le veto plus systématique ?
Je suis pour tout changer sans rien briser. Giorgia Meloni est une grande dirigeante politique qui a redonné de la stabilité à l'Italie et qui incarne une nouvelle forme de leadership sur la scène européenne. Je crois que le partenariat solide qu'elle entretient avec l'Allemagne offre à la France aussi un potentiel trio politique qui pourrait permettre demain d'en finir avec l'inflation normative issue du Green Deal, de remettre nos démocraties sur le chemin de la prospérité et de protéger notre continent face à des vagues migratoires qui n'en sont qu'à leur commencement.
Il faut aussi comprendre que l'Italie est l'un des premiers bénéficiaires du plan de relance européen (plus de 194 milliards d'euros, NDLR). La France n'est pas dans cette situation. Cela explique sans doute un certain nombre de choix et de relations qu'a noués Giorgia Meloni au niveau européen. Mais je note qu'il n'y a pas eu de gouvernement plus stable en Italie depuis la Seconde Guerre mondiale que celui de Giorgia Meloni et Matteo Salvini. C'est un gage de succès pour l'Italie, et j'espère que cette coalition se maintiendra au pouvoir.
Un mot sur Viktor Orban, votre allié au sein du groupe Les Patriotes pour l'Europe. On le dit en pleine dépression après sa défaite. Vous avez des nouvelles ?
Oui, par l'intermédiaire des eurodéputés du Fidesz avec lesquels nous travaillons ici. Viktor Orban a été au pouvoir pendant seize ans, et le fait qu'il ait été défait démontre que les accusations formulées par l'Union européenne selon lesquelles la Hongrie ne serait pas une démocratie sont totalement infondées. M. Magyar a obtenu une majorité écrasante au Parlement : c'est la preuve que la démocratie hongroise fonctionne. Viktor Orban continuera le combat. C'est un patriote qui s'est toujours battu pour les Hongrois, et je crois qu'il a vocation à poursuivre ce combat pour son pays.



