Donald Trump face à ses limites : le discours sur l'état de l'Union dans un contexte de fragilité
Donald Trump, que la Maison-Blanche aime à représenter en Superman, aurait-il perdu ses superpouvoirs ? La question plane ce mardi 24 février, à l'occasion de son discours sur l'état de l'Union, ce moment solennel de la vie politique américaine. Devant le Sénat et la Chambre des représentants, il présentera son bilan et ses priorités. Et s'il va a priori s'offrir une copie flatteuse, il apparaît surtout qu'il s'est pris les pieds dans sa cape, confronté à des défis multiples qui érodent son image.
Les ombres judiciaires et économiques
Toujours sous la pression de l'explosive affaire Epstein, du nom de ce pédocriminel qu'il a fréquenté – comme beaucoup d'autres personnalités –, le ciel de ses exploits s'est assombri bien au-delà de ce dossier. Vendredi, la Cour suprême des États-Unis a en effet torpillé une bonne partie de ses droits de douane, fragilisant ainsi l'unique boussole de sa politique économique. Cette décision judiciaire représente un revers significatif pour l'administration Trump, remettant en question sa capacité à imposer sa vision protectionniste.
La résilience des contre-pouvoirs démocratiques
À force de l'entendre menacer de représailles, de procès ou de jeter en prison tous ceux qui osent se mettre en travers de sa route, il avait presque réussi à nous faire croire qu'il était inarrêtable. Mais, la démocratie américaine vient de nous le rappeler, elle n'est pas sans contre-pouvoir et bouge encore. Certes, il a aussitôt répliqué en dégainant une nouvelle attaque tarifaire mondiale. Mais l'effet de sidération, ce mantra qui lui sert de gouvernail, s'est quelque peu dilué dans le marécage de ses outrances quotidiennes.
De même, à l'heure de la post-vérité trumpienne, le réel n'a pas non plus dit son dernier mot. Vendredi, dans la foulée de la décision de la Cour suprême, le ministre du Commerce a confirmé le ralentissement de l'économie américaine. Et, SuperTrump ou pas, personne ne s'en félicitera. Or, l'une des clés de sa réélection est là.
Les enjeux électoraux et les contradictions personnelles
C'est d'abord parce qu'il a promis de lutter contre l'inflation et de redonner du pouvoir d'achat aux plus modestes qu'il s'est imposé. Le voilà donc rattrapé par l'urgence des résultats. Ce qui ne manque pas d'indécence à la lueur de l'insolente prospérité de ses affaires personnelles, lui qui, entre autres mélanges des genres, multiplie les dîners présidentiels à 1 million de dollars la place dans son club de Mar-a-Lago.
Alors que les élections de mi-mandat à l'automne s'annoncent difficiles pour le camp des républicains, lui aussi éprouvé par les attaques racistes à répétition et les méthodes indignes de la police de l'immigration, il conviendra donc d'écouter avec attention Donald Trump mardi. Car si l'étoile du shérif de Washington commence à pâlir, le risque est grand de le voir se radicaliser encore plus, dans un contexte où ses superpouvoirs semblent sérieusement entamés.



