Trump démantèle la science américaine : exode massif et coupes historiques
Trump démantèle la science américaine : exode et coupes

Le second mandat de Trump : un séisme pour la science américaine

Dès son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a lancé une offensive sans précédent contre les institutions scientifiques américaines. Les premières mesures ont ciblé les National Institutes of Health (NIH), suivies du retrait des États-Unis de l'Organisation mondiale de la santé et de l'accord de Paris sur le climat. Le président a clairement affiché sa priorité : « We will drill, baby, drill », martelant son engagement en faveur des énergies fossiles lors de son discours d'investiture.

Un exode massif des cerveaux scientifiques

Un an après cette investiture, les revues Nature et Science ont dressé un bilan alarmant. Sous la direction de Russell Vought au White House Office of Management and Budget, les agences scientifiques fédérales ont perdu environ 20% de leurs effectifs en un an. Cela représente plus de 25 000 départs, dont de nombreux jeunes chercheurs en début de carrière.

La plupart de ces départs ont été facilités par un programme incitant les fonctionnaires fédéraux à quitter leurs postes. Selon l'étude de Science, dans 14 agences de recherche, les départs ont été 11 fois plus nombreux que les embauches. Cette hémorragie a entraîné une perte nette de 4 224 docteurs en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM).

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Les agences les plus touchées

Parmi les organismes les plus sévèrement affectés :

  • Les National Institutes of Health (NIH) avec plus de 1 100 départs
  • L'Agence des produits alimentaires et médicamenteux (FDA)
  • L'Agence de protection de l'environnement (EPA)
  • La NASA

Russell Vought avait déclaré avant sa prise de fonction que son objectif serait de « traumatiser » les scientifiques de l'EPA pour qu'ils n'aient plus envie de travailler. Mission accomplie : l'EPA est l'agence dont les effectifs ont le plus fondu.

Des coupes budgétaires historiques

À partir de février 2025, l'administration a commencé à annuler ou suspendre des milliers de subventions déjà accordées aux NIH et à la Fondation nationale pour la science (NSF). Beaucoup concernaient la recherche sur les maladies infectieuses. L'État de New York a été le plus touché, avec près de 1 500 subventions annulées ou gelées, principalement à l'université Columbia.

Le projet de budget pour 2026 prévoit des coupes de 35% (32 milliards de dollars) dans la recherche et développement non liée à la défense. Cette somme équivaut à environ 2,5 fois le budget annuel combiné du CNRS, de l'INSERM et du CEA français.

Le recul climatique et sanitaire

Le 22 janvier 2026, l'administration a officialisé le retrait des États-Unis de l'OMS, amputant le budget de l'agence de 18%. Moins d'un mois plus tard, Trump annonçait l'abrogation de l'Endangerment Finding, un texte fondateur des régulations sur les gaz à effet de serre promulgué sous Obama.

Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, s'est réjouie de ce qu'elle qualifie de « plus grand acte de dérégulation de l'histoire américaine ». Trump considère quant à lui le changement climatique comme « la plus grande arnaque au monde ».

En moins d'un mois, le président a ainsi démontré son mépris pour les enjeux sanitaires et climatologiques mondiaux. Avec son mandat encore en cours, les experts scientifiques craignent que les dégâts ne soient qu'à leurs débuts.

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