Le vernis culturel se craquelle : absente depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie fera son retour dès le 9 mai 2026 à la Biennale de Venise, temple européen de l'art contemporain. Cette décision, rapportée par FranceInfo, provoque l'indignation des artistes et universitaires, vent debout contre une réintégration jugée politique.
Une neutralité contestée
Le président de la Biennale assume ce retour en invoquant la neutralité d'un sanctuaire artistique. Mais Sylvie Rollet, signataire d'une tribune publiée dans Le Monde le mercredi 22 avril 2026, s'indigne : « On ne peut pas penser que la culture est un espace de trêve. » Elle refuse toute déconnexion entre création et conflit armé.
Accusations d'effacement culturel
Pour l'universitaire et essayiste, la réalité est sans appel : « Les artistes sont systématiquement visés, les musées pillés », insiste-t-elle, accusant Moscou d'organiser une offensive culturelle en s'emparant d'œuvres ukrainiennes pour procéder à « l'effacement de la culture ukrainienne ».
Riposte politique et diplomatique
La riposte dépasse le cercle artistique : Kiev a exprimé son opposition, suivie par Bruxelles et 22 ministres européens, certains brandissant la menace de sanctions. En parallèle, une pétition réclame un pavillon pour les minorités opprimées en Russie. Au-delà de la simple vitrine artistique, la Biennale devient ainsi un nouveau « front ».



