Une enquête pour suspicion d'espionnage
Le parquet fédéral allemand a ouvert une enquête pour « suspicion d'espionnage » après un piratage massif de la messagerie cryptée Signal. L'Allemagne, principal fournisseur d'aide militaire à l'Ukraine, accuse Moscou de mener depuis des années une campagne de cyberattaques, d'espionnage et de sabotage, ce que le Kremlin dément.
Un piratage par hameçonnage
Le piratage a été réalisé par hameçonnage, une technique qui consiste à se faire passer pour un contact connu afin d'obtenir des données personnelles ou des mots de passe. L'ampleur exacte de l'attaque reste inconnue, mais elle suscite une vive inquiétude au sein des institutions allemandes.
« L'ampleur du récent piratage de Signal, telle qu'elle est connue à ce stade, est extrêmement préoccupante. À l'heure actuelle, personne ne peut dire avec certitude que l'intégrité des communications des députés est encore garantie », a déclaré Konstantin von Notz, élu des Verts au Bundestag et expert des questions de sécurité nationale.
Des cibles multiples
Outre les députés, des journalistes, diplomates et militaires sont également concernés. Le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz s'est refusé à communiquer sur l'ampleur du problème. Deux partis, les sociaux-démocrates et Die Linke (extrême gauche), ont admis que « quelques-uns » de leurs élus étaient touchés. « Il faut s'attendre à ce que le nombre réel de personnes affectées continue d'augmenter dans les prochains jours », a prévenu M. von Notz.
Une attaque d'origine étatique
Une porte-parole du ministère de l'Intérieur a indiqué que la cyberattaque avait commencé en février, qu'elle était « encore en cours » et « probablement menée par un acteur étatique ». Selon elle, elle vise des « politiques, l'armée, la diplomatie ainsi que des journalistes d'investigation ».
La présidente du Bundestag visée
L'affaire a pris de l'ampleur mercredi dernier, lorsque l'hebdomadaire Der Spiegel, citant des sources anonymes, a révélé que la présidente du Bundestag, Julia Klöckner, figure des conservateurs, avait été victime d'une attaque d'hameçonnage. Un porte-parole de la chancellerie, Sebastian Hille, a assuré vendredi que « les communications du gouvernement fédéral, du chancelier fédéral et des ministres fédéraux sont sécurisées ».
La Russie pointée du doigt
Le gouvernement allemand n'a pas formellement accusé la Russie, mais le président de la commission de contrôle parlementaire du Bundestag, Marc Henrichmann, a désigné Moscou comme l'auteur. « La récente tentative d'hameçonnage lancée depuis la Russie contre des responsables politiques et des journalistes allemands est un signal d'alarme pour nous tous », a-t-il écrit dans un courriel à l'AFP.



