Projet Pegasus : cinq ans après, l'enquête judiciaire se poursuit
Pegasus : cinq ans après, l'enquête judiciaire continue

Le 18 juillet 2021, une coalition de médias révélait le Projet Pegasus, un système mondial d’espionnage de téléphones via le logiciel israélien Pegasus, développé par la société NSO Group. Cinq ans plus tard, l’enquête judiciaire en France progresse, mais reste confrontée à des défis techniques et diplomatiques.

Des révélations explosives en 2021

L’enquête journalistique, menée par Forbidden Stories et Amnesty International, a impliqué 17 médias, dont Le Monde. Elle a montré que Pegasus avait été utilisé pour cibler des journalistes, des avocats, des militants des droits de l’homme et des responsables politiques dans plusieurs pays. En France, le téléphone du président Emmanuel Macron figurait parmi les cibles potentielles, ainsi que ceux de plusieurs ministres et diplomates.

L’enquête judiciaire française

Dès septembre 2021, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « atteinte à un système de traitement automatisé de données », « collecte frauduleuse de données personnelles » et « association de malfaiteurs ». L’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC). Selon une source judiciaire, « plus de 150 personnes ont été entendues comme témoins ou victimes potentielles ».

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Des avancées mais des obstacles

En 2023, les juges d’instruction ont émis une demande d’entraide judiciaire auprès d’Israël, mais celle-ci est restée sans réponse. « Les autorités israéliennes n’ont pas donné suite à nos demandes », a indiqué un magistrat. Par ailleurs, l’enquête a permis d’identifier plusieurs serveurs utilisés pour l’espionnage, situés dans des pays comme la Hongrie et le Mexique. Cependant, l’identification des commanditaires reste difficile.

Un impact durable sur la cybersécurité

Les révélations ont conduit à des mesures de protection renforcées au sein des institutions françaises. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a mis en place des protocoles spécifiques pour les téléphones des hauts responsables. « Pegasus a changé notre approche de la sécurité mobile », a déclaré un expert de l’ANSSI. Le logiciel, capable d’infecter un téléphone sans interaction de l’utilisateur, a exposé des vulnérabilités jusque-là ignorées.

Le rôle des médias et de la société civile

Les organisations de défense des droits numériques, comme Amnesty International et Reporters sans frontières, continuent de suivre l’affaire. « La transparence sur ces technologies est essentielle pour protéger les libertés fondamentales », a souligné un porte-parole d’Amnesty. En 2025, un rapport de Citizen Lab a montré que Pegasus avait été utilisé dans au moins 10 nouveaux pays depuis 2021.

Des poursuites judiciaires à l’international

Outre la France, des enquêtes sont en cours dans plusieurs pays, notamment en Espagne, en Allemagne et au Canada. En 2024, la justice espagnole a inculpé deux responsables de NSO Group pour espionnage de dirigeants indépendantistes catalans. Aux États-Unis, le gouvernement a inscrit NSO Group sur une liste noire, interdisant toute collaboration avec des agences fédérales.

Conclusion

Cinq ans après les premières révélations, l’enquête judiciaire française sur le Projet Pegasus se poursuit, malgré des obstacles diplomatiques et techniques. L’affaire a mis en lumière les dangers des logiciels espions et a conduit à une prise de conscience mondiale sur la nécessité de réguler ces technologies.

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