Violences faites aux femmes : l'indifférence des sécuritaires
Violences faites aux femmes : l'indifférence sécuritaire

Alors que le gouvernement multiplie les annonces sur la sécurité, un angle mort persiste : les violences faites aux femmes. Dans une tribune publiée ce 12 mai, un collectif de 150 associations féministes dénonce l'indifférence des discours sécuritaires face à ce qu'elles appellent « la pire des insécurités ».

Un constat alarmant

Chaque année, en France, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences conjugales. En 2024, 145 féminicides ont été recensés, soit un tous les deux jours et demi. Pourtant, les mesures annoncées dans le cadre des « lois sécuritaires » ignorent quasi systématiquement cette réalité. Les associations pointent du doigt l'absence de moyens dédiés aux hébergements d'urgence, aux bracelets anti-rapprochement et à la formation des forces de l'ordre.

Des promesses non tenues

En 2023, le gouvernement avait promis un plan d'action renforcé, avec 1 milliard d'euros sur cinq ans. Mais les associations estiment que seuls 20 % des crédits ont été effectivement débloqués. « On nous promet des lois, mais sur le terrain, les femmes continuent de mourir faute de protection », déclare la porte-parole du collectif.

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Les critiques visent également le manque de coordination entre les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Solidarités. « Chacun renvoie la balle à l'autre, et les victimes restent sans solution », ajoute-t-elle.

Un appel à l'action

Le collectif demande la création d'un secrétariat d'État dédié aux violences faites aux femmes, doté d'un budget propre et de pouvoirs transversaux. Il réclame aussi la généralisation des téléphones grave danger et des places d'hébergement d'urgence, ainsi qu'une meilleure formation des policiers et des magistrats.

« La sécurité des femmes ne peut pas être une variable d'ajustement des politiques sécuritaires », insiste le texte. En cette veille d'élections législatives, les associations appellent les candidats à s'engager concrètement sur ces mesures.

Une mobilisation nécessaire

Plusieurs rassemblements sont prévus dans les prochains jours devant les préfectures. Le collectif espère que la pression citoyenne forcera le gouvernement à agir. « Nous ne lâcherons rien tant que les femmes ne seront pas en sécurité chez elles, dans la rue et au travail », conclut la porte-parole.

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