La municipalité de Vierzon, dans le Cher, dirigée depuis mars par une liste d'union d'extrême droite, a annulé la cérémonie du 10 mai commémorant l'abolition de l'esclavage. Invoquant des contraintes budgétaires et un manque d'intérêt des habitants, cette décision a provoqué une vive polémique.
Les justifications de la mairie
Yves Husté, maire-adjoint Les Républicains (LR) délégué à la mémoire et aux anciens combattants, a déclaré dimanche que « la liste des 12 journées commémoratives nationales ne comprend pas cette journée de commémoration de l'esclavage ». Il a également souligné que « personne ne venait » à cette journée, ajoutant : « Je pense que c’est parce que c’est un fait historique qui n’a aucun lien avec le présent. »
L'élu a aussi mis en avant les difficultés financières de la ville de 25 000 habitants, avec « une dette de 32 millions d’euros » et « 2,5 millions de factures non payées ». « Il nous faut trouver des économies pour éviter la mise sous tutelle et on essaie d’en trouver un petit peu partout », a-t-il expliqué, précisant que le coût de la cérémonie aurait été d'environ 1 500 euros.
La réaction de l'ancien maire
Nicolas Sansu, député communiste du Cher et ancien maire de Vierzon, a organisé sa propre cérémonie avec dépôt de fleurs, allocutions et lectures de poèmes. Sur Facebook, il a déclaré : « Devant les petites touches visant à fragiliser la République, à réviser son Histoire, par des “oublis opportuns”, il est du devoir de tous les progressistes et républicains de ne rien laisser passer. » Yves Husté a dit « comprendre ceux qui sont attachés » à cette journée, précisant ne pas avoir empêché la cérémonie alternative.
Contexte politique
Fin mars, une liste d'union d'extrême droite a remporté l'élection municipale à Vierzon, ville de gauche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et communiste depuis 2008. Yannick Le Roux, policier de 50 ans, à la tête d'une liste regroupant des élus RN et Reconquête!, a obtenu 47,87 % des suffrages exprimés.



