À Vierzon, dans le Cher, la nouvelle municipalité dirigée par le Rassemblement National a décidé d'annuler la cérémonie commémorative de l'abolition de l'esclavage, prévue le 10 mai. Cette décision a suscité une vive polémique et l'indignation des associations de défense des droits humains et antiracistes.
Une décision contestée
La cérémonie, qui se tenait chaque année depuis 2006 en hommage aux victimes de l'esclavage, a été supprimée sans consultation des associations locales. Le maire RN, Nicolas Sansu, justifie ce choix par la volonté de "ne pas diviser" et de se concentrer sur "les vrais problèmes des habitants".
Réactions des associations
Les associations, comme le Comité pour la mémoire de l'esclavage, dénoncent une "provocation" et un "effacement de l'histoire". Elles appellent à un rassemblement citoyen le 10 mai pour maintenir la tradition. "C'est une insulte à la mémoire de nos ancêtres", déclare un porte-parole.
Cette annulation intervient dans un contexte de tensions mémorielles en France, où plusieurs communes d'extrême droite ont récemment remis en cause des commémorations liées à l'esclavage ou à la colonisation.
Un symbole fort
La date du 10 mai est la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. Instaurée en 2006, elle est l'occasion de rappeler l'importance de ce chapitre de l'histoire. Pour les opposants, l'annulation à Vierzon est un signal inquiétant sur la politique mémorielle de l'extrême droite.
Le débat dépasse la simple cérémonie : il interroge la place de l'histoire coloniale dans l'espace public et la volonté de certains élus de la réduire au silence.



