Israël a relâché dimanche deux militants de la « flottille pour Gaza » arrêtés par son armée la semaine dernière au large de la Grèce, a annoncé le ministère israélien des Affaires étrangères. L’armée israélienne avait arrêté jeudi 30 avril quelque 175 militants de la « flottille pour Gaza » dans les eaux internationales, avant de les remettre à la Grèce. Seuls l’Espagnol Saif Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila avaient été emmenés en Israël, car soupçonnés de liens avec le Hamas palestinien, selon les autorités.
« Après la fin de l’enquête, Saif Abu Keshek et Thiago Avila, les deux provocateurs professionnels […] ont été expulsés aujourd’hui d’Israël », a déclaré le ministère sur X. Il n’a pas mentionné les accusations d’« affiliation à une organisation terroriste », qui ont valu aux deux hommes plus d’une semaine de prison. Leur arrestation, à des centaines de kilomètres des côtes israéliennes, avait été jugée « illégale » et « hors de toute juridiction » par l’Espagne, suscitant des condamnations internationales. L’ONU avait réclamé leur « libération immédiate ».
La « flottille pour Gaza », qui comptait initialement une cinquantaine de bateaux, visait à briser le blocus israélien et à acheminer de l’aide humanitaire vers l’enclave palestinienne dévastée par la guerre. L’organisation israélienne Adalah, dont les avocats ont représenté les deux militants, a annoncé avoir reçu une « confirmation officielle » de leur libération et expulsion. « Depuis leur kidnapping dans les eaux internationales jusqu’à leur détention illégale, les actions des autorités israéliennes ont constitué une attaque punitive contre une mission purement civile », a accusé Adalah, ajoutant que « le recours à la détention et à l’interrogatoire des militants et défenseurs des droits humains est une tentative inacceptable de réprimer la solidarité mondiale avec les Palestiniens de Gaza ».
Pendant leur incarcération à Ashkelon, dans le sud d’Israël, Adalah avait dénoncé des « mauvais traitements » et « abus psychologiques », évoquant des interrogatoires de huit heures, un éclairage puissant en cellule 24 heures sur 24, un isolement total et des déplacements systématiquement les yeux bandés, même lors des visites médicales. Saif Abu Keshek, d’origine palestinienne, et Thiago Avila ont nié tout lien avec le Hamas et ont entamé une grève de la faim dès leur incarcération. Les autorités israéliennes ont rejeté ces accusations. La justice avait validé à deux reprises la prolongation de leur détention pour permettre à la police de les interroger plus longuement.
Selon la diplomatie espagnole, Israël n’a fourni « aucune preuve » de liens entre son ressortissant et le Hamas. L’Espagne, qui entretient des relations exécrables avec Israël, ainsi que le Brésil, avaient appelé à plusieurs reprises à la libération rapide des deux militants. Il s’agit de la deuxième tentative de la flottille mondiale Sumud (« résilience » en arabe) d’accéder à la bande de Gaza. La précédente avait été interceptée l’an dernier par les forces israéliennes au large des côtes égyptiennes et gazaouies, et ses militants transférés en Israël avant d’être rapidement expulsés. Depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le territoire souffre de pénuries de nourriture et de biens essentiels. Israël contrôle tous les points d’entrée vers Gaza, soumise à un blocus depuis 2007, et l’accès à l’aide humanitaire y reste largement restreint.



