Venezuela : une nomination controversée pour le poste de défenseur du peuple
Le Vénézuélien Tarek William Saab, âgé de 63 ans, a officiellement démissionné de ses fonctions de procureur de la République bolivarienne mardi 24 février 2026. Cette position, qu'il occupait depuis 2017, a été marquée par de vives critiques internationales. Dès le lendemain, mercredi 25 février, il a été nommé « défensor del pueblo » (« défenseur du peuple ») par intérim, une décision qui a immédiatement provoqué un tollé parmi les opposants politiques et les organisations de défense des droits humains.
Un parcours sous le feu des critiques
Tarek Saab, qui se décrit lui-même comme « juriste et poète » et est connu pour ses tatouages étendus, n'a pas fourni d'explications détaillées concernant les raisons de sa démission. Dans une lettre adressée à l'Assemblée nationale, il a affirmé avoir exercé ses responsabilités de procureur « avec rectitude et honneur au cœur d'une conjoncture historique exceptionnelle ». Il a également souligné avoir protégé « la paix et les droits humains face à des agressions inimaginables contre la nation vénézuélienne ».
Cependant, cette version des faits est farouchement contestée par de nombreux acteurs. Rafael Uzcategui, un militant renommé des droits humains, a résumé la situation en déclarant : « Tous les rapports internationaux désignent M. Saab comme complice de graves violations des droits humains. »
Des accusations graves et une indignation généralisée
La désignation de Tarek Saab au poste de défenseur du peuple, même à titre provisoire, a été qualifiée de « mauvaise farce » et d'« insulte aux victimes » par Henrique Capriles, ancien candidat à l'élection présidentielle et actuel député. Capriles a rappelé que Saab a été « le responsable de la persécution et de la condamnation de tant de Vénézuéliens » durant son mandat de procureur.
Une coalition d'organisations de défense des droits humains a publié un communiqué jeudi, mettant en lumière les « accusations systématiques » qui ont entaché la carrière de Saab. Parmi celles-ci figurent :
- Des exécutions extrajudiciaires
- Des détentions arbitraires
- Des actes de torture
- Des disparitions forcées
Ces allégations, documentées par divers rapports internationaux, ont contribué à forger l'image d'un homme perçu comme un fidèle du chavisme, l'idéologie politique du défunt président Hugo Chávez.
Les répercussions immédiates et les nominations par intérim
En attendant de procéder aux nominations définitives pour ces postes clés, l'Assemblée nationale vénézuélienne a désigné Larry Devoe comme procureur par intérim. Comme Tarek Saab, Devoe est considéré comme un partisan loyal du chavisme, ce qui renforce les préoccupations quant à l'indépendance et à l'impartialité des institutions judiciaires et de protection des droits dans le pays.
Cette série de nominations intervient dans un contexte politique tendu, où les divisions entre le gouvernement et l'opposition restent profondes. La rapidité avec laquelle Tarek Saab a été repositionné au sein de l'appareil d'État, malgré son passé controversé, soulève des questions cruciales sur l'état de la démocratie et du respect des droits fondamentaux au Venezuela.
Les observateurs internationaux et les défenseurs des droits humains continuent de surveiller de près cette situation, craignant que cette nomination ne soit un signe supplémentaire d'un affaiblissement des mécanismes de protection des citoyens contre les abus de pouvoir.



