L'Union européenne a annoncé lundi des sanctions contre une vingtaine de responsables et d'organisations russes accusées d'avoir transféré de force des enfants ukrainiens en Russie ou dans les territoires ukrainiens occupés. Au total, seize personnes et sept organisations, dont certaines sont liées au ministère russe de l'Éducation, sont visées par ces mesures restrictives.
Des milliers d'enfants concernés
Selon l'UE, depuis le début de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, près de 20 500 enfants ukrainiens auraient été transférés de force. Les structures sanctionnées sont accusées d'endoctrinement, d'enseignement idéologique et de militarisation des mineurs. Les personnes et entités concernées font l'objet d'un gel des avoirs en Europe et d'une interdiction de voyage dans l'Union européenne.
Opérations de désukrainisation
Un responsable européen a indiqué qu'environ 210 sites auraient été identifiés en Crimée et en Russie, notamment en Sibérie, où seraient menées ces opérations de désukrainisation et d'effacement culturel. À ce stade, environ 2 100 enfants auraient été rendus à leurs familles, dont une centaine grâce à la médiation internationale, selon la même source anonyme.
Un crime contre la future génération
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a dénoncé ces transferts forcés d'enfants comme constituant l'un des pires crimes, visant à effacer la future génération de l'Ukraine. Elle a rappelé que l'UE avait déjà sanctionné auparavant une centaine de personnes et de structures pour les mêmes raisons.
Symboliquement, la Commission européenne a reconstitué dans le hall de son bâtiment principal à Bruxelles la chambre d'un enfant ukrainien nommé Artem, transféré de force et jamais rentré chez lui.
Réactions ukrainiennes et consensus international
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué les nouvelles sanctions européennes sur les réseaux sociaux, déclarant : « Nous devons continuer à travailler ensemble pour ramener tous les enfants ukrainiens chez eux et faire en sorte que tous les responsables de ces crimes soient tenus de rendre des comptes. » Ce dossier des enfants ukrainiens est également l'un des rares sujets de consensus entre l'UE et l'administration américaine à propos de la guerre en Ukraine.



