Deux journalistes turcs ont été arrêtés à Istanbul le 8 juillet 2023, à la veille du sommet de l'OTAN qui se tient à Vilnius, en Lituanie. Les deux hommes, identifiés comme Hüseyin Aydın et Mustafa Kuleli, sont accusés de « propagande terroriste » par les autorités turques.
Les détails de l'arrestation
Selon les informations rapportées par l'agence de presse officielle Anadolu, les journalistes travaillaient pour le média en ligne Kısa Dalga. Leur arrestation a eu lieu à leur domicile respectif à Istanbul. La police turque a également perquisitionné leurs habitations et saisi du matériel informatique.
Les charges retenues contre eux sont liées à la diffusion de contenus favorables au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union européenne. Selon l'avocat des journalistes, Mehmet Ali Kılıç, « les accusations sont infondées et visent à réduire au silence les voix critiques ».
Un contexte sensible
Cette arrestation intervient alors que la Turquie est sous le feu des critiques pour son bilan en matière de liberté de la presse. Selon Reporters sans frontières (RSF), la Turquie occupe la 165e place sur 180 dans son classement mondial de la liberté de la presse en 2023. Le pays a emprisonné plus de 100 journalistes ces dernières années.
Le sommet de l'OTAN, qui se déroule les 11 et 12 juillet, est un événement majeur pour la Turquie. Le président Recep Tayyip Erdoğan doit y rencontrer les dirigeants des pays membres, notamment pour discuter de l'adhésion de la Suède à l'Alliance. L'arrestation des deux journalistes est perçue par certains observateurs comme une tentative de faire taire les opposants avant ce rendez-vous diplomatique.
Réactions internationales
L'ONG Human Rights Watch a condamné ces arrestations, les qualifiant de « nouvelle attaque contre la liberté de la presse en Turquie ». Dans un communiqué, Emma Sinclair-Webb, directrice pour la Turquie à Human Rights Watch, a déclaré : « Les autorités turques utilisent des accusations de terrorisme pour emprisonner des journalistes et étouffer toute critique. »
De son côté, le gouvernement turc défend ses actions. Le ministre de l'Intérieur, Süleyman Soylu, a affirmé que « la lutte contre le terrorisme est une priorité absolue » et que « les journalistes qui soutiennent le PKK seront poursuivis avec toute la rigueur de la loi ».
Les deux journalistes doivent être présentés à un juge dans les prochains jours. Leur maintien en détention provisoire est probable, selon leurs avocats. Cette affaire relance le débat sur la liberté d'expression en Turquie, à un moment où le pays cherche à améliorer son image sur la scène internationale.



