Tunisie : les avocats en grève contre la mise sous tutelle de leur profession
Tunisie : grève des avocats contre la mise sous tutelle

En Tunisie, une grève nationale des avocats a paralysé les tribunaux ce lundi. Les avocats protestent contre un projet de loi qui, selon eux, menace l'indépendance de leur profession en la plaçant sous la tutelle du ministère de la Justice. "Il n'y a plus de justice en Tunisie", scandent les manifestants devant le palais de justice de Tunis.

Un projet de loi controversé

Le gouvernement tunisien a présenté un projet de loi qui vise à réformer la profession d'avocat. Parmi les mesures phares, la création d'un conseil supérieur de la magistrature qui inclurait des représentants du ministère de la Justice, ce qui, selon les avocats, porterait atteinte à leur indépendance. Les avocats craignent également que cette réforme ne restreigne leur liberté d'exercice et ne soumette leur discipline à l'exécutif.

Une mobilisation sans précédent

Le mouvement de grève, qui a débuté ce lundi, est suivi par la grande majorité des avocats à travers le pays. Les audiences ont été reportées et les tribunaux sont quasiment vides. Les avocats ont organisé des sit-in devant les palais de justice et prévoient de poursuivre la grève jusqu'à ce que le projet de loi soit retiré.

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Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Tunis, Me Brahim Bouderbala, a déclaré : "Nous ne céderons pas. Cette réforme est une attaque frontale contre l'indépendance de la justice et les droits de la défense."

Réactions du gouvernement

Le ministère de la Justice a tenté de rassurer les avocats, affirmant que le projet de loi vise à moderniser la profession et à renforcer la transparence. Cependant, les avocats restent sceptiques et estiment que le véritable objectif est de museler toute opposition.

Cette crise intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes en Tunisie, où le président Kaïs Saïed a accru ses pouvoirs depuis 2021. Les avocats voient dans cette réforme une nouvelle étape dans la dérive autoritaire du régime.

Un appel à la communauté internationale

Les avocats tunisiens ont lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle se mobilise en faveur de l'indépendance de la justice en Tunisie. Ils craignent que cette réforme ne soit qu'un prélude à d'autres restrictions des libertés fondamentales.

La grève des avocats est suivie de près par les organisations de défense des droits de l'homme, qui dénoncent une atteinte grave à l'État de droit. Amnesty International a appelé le gouvernement tunisien à abandonner ce projet de loi et à engager un dialogue constructif avec les représentants de la profession.

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