Dans son ouvrage « Vivre avec la surveillance numérique en Chine », publié aux éditions du CNRS, la professeure de management à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Ariane Ollier-Malaterre explore les ressentis des citoyens chinois face à l’omniprésence des caméras et des super-plateformes comme WeChat. Loin d’être dupes, les Chinois s’adaptent, contournent ou adhèrent aux récits gouvernementaux pour se protéger.
Une enquête sur les traces numériques
L’enquête, menée avec prudence pour ne pas mettre en danger les participants, dépasse le discours public officiel. Elle révèle peur, colère et frustration chez les citoyens, tout en montrant les paradoxes de la surveillance : justifiée pour discipliner autrui, elle a un coût individuel important.
Les paradoxes de la surveillance
Les entretiens menés par Ollier-Malaterre mettent en lumière que les Chinois acceptent la surveillance pour des raisons de sécurité et d’ordre social, mais ressentent une perte de liberté et d’intimité. Certains développent des stratégies de contournement, comme l’utilisation de pseudonymes ou de comptes multiples.
Un système complexe
La chercheuse insiste sur le fait que la surveillance en Chine est bien plus complexe qu’un épisode de « Black Mirror ». Elle ne se limite pas au crédit social, mais englobe un réseau dense de caméras et de plateformes numériques. Selon elle, « la surveillance en Chine est bien plus compliquée qu’un épisode de “Black Mirror” », car elle implique des interactions sociales et des négociations quotidiennes.
L’ouvrage d’Ariane Ollier-Malaterre offre une perspective nuancée sur la vie sous surveillance, contribuant au débat sur les libertés numériques et les droits humains dans un contexte autoritaire.



