Suicide d'un jeune homme à Châtonnay : enquête pour harcèlement raciste
Suicide à Châtonnay : enquête pour harcèlement raciste

Le parquet de Vienne a annoncé, lundi 8 juillet, l'ouverture d'une information judiciaire visant à déterminer si des faits de harcèlement raciste ont conduit au suicide d'un jeune homme de 21 ans, une semaine plus tôt à Châtonnay (Isère). Les parents de la victime ont déposé plainte vendredi, estimant que leur fils subissait depuis 2024 des insultes et des humiliations à caractère raciste.

Deux enquêtes en cours

Selon le procureur Olivier Rabot, une première enquête en recherches des causes de la mort est toujours en cours. Une seconde enquête contre X a également été ouverte pour « menaces de mort réitérées à raison de la race, harcèlement moral, provocation au suicide, bizutage et injures à raison de la race ».

Un jeune homme pris pour cible

D'après l'avocate de la famille, Elise Rey-Jacquot, le jeune homme, dont la mère est d'origine algérienne, aurait été pris pour cible par des jeunes de son entourage, notamment des membres de l'équipe locale de rugby. Elle affirme qu'il avait été contraint de porter un tee-shirt portant l'inscription « DZ PAGU », signifiant « Algérien paysan », et qu'il était régulièrement insulté : « bougnoule », « t'as rien à faire là », « va-t'en ». La famille indique qu'il se confiait à son père, mais qu'aucune plainte n'avait été déposée avant son décès.

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Appel à témoins et signalement

Avant de saisir la justice, les proches de la victime avaient lancé un appel à témoins concernant une fête organisée fin juin à Saint-Jean-de-Bournay. Selon leur avocate, un témoin leur a rapporté que le jeune homme y aurait été « mis à nu et humilié ». SOS Racisme a relayé cet appel, estimant que « Face au harcèlement raciste, le silence protège les auteurs » et dénonçant une « banalisation » des propos racistes.

Un climat raciste dans la commune

Interrogés par l'AFP, plusieurs habitants évoquent un climat marqué par le racisme. « Les anciens ont éduqué leurs enfants avec le racisme de base. C'est partout autour de nous », affirme Arnaud Héligon, 53 ans. Une jeune femme métisse de 23 ans raconte que ses deux sœurs sont victimes d'insultes à l'école, tandis qu'une étudiante de 18 ans estime que « La ville est vachement raciste. Pour y habiter on le sait ».

Réactions politiques

Une habitante de 57 ans, qui connaissait la victime depuis son enfance, décrit un garçon « gentil, travailleur, jamais dans les problèmes », mais aussi « réservé », ajoutant qu'elle reste « choquée » par son geste. Avant même les conclusions de l'enquête, plusieurs responsables politiques de gauche ont réagi sur les réseaux sociaux. Olivier Faure a notamment écrit que « Le racisme tue psychiquement », tandis que Jean-Luc Mélenchon a appelé à « aider à faire connaître ce meurtre par harcèlement, qui est désormais la méthode des racistes ».

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