Une peur omniprésente au sein de la communauté LGBT+ sénégalaise
Au Sénégal, les homosexuels vivent dans un état de peur permanent, sous la menace constante d'arrestations, d'emprisonnements ou d'agressions. La loi coloniale, qui criminalise l'homosexualité, est rarement appliquée, mais elle est instrumentalisée par la police et la société pour justifier la répression. Selon des témoignages recueillis par Le Monde, de nombreux homosexuels cachent leur orientation sexuelle par crainte de représailles.
Des arrestations arbitraires et des violences quotidiennes
Les arrestations pour homosexualité sont fréquentes, souvent basées sur des dénonciations ou des suspicions. En 2025, au moins 15 personnes ont été arrêtées pour des motifs liés à leur orientation sexuelle, selon des organisations de défense des droits humains. Les victimes sont parfois soumises à des violences physiques et psychologiques lors de leur détention. Un jeune homme de 22 ans, interrogé par Le Monde sous couvert d'anonymat, confie : « Si on m'attrape, c'est la fin pour moi. »
Une société profondément homophobe
L'homosexualité est largement taboue au Sénégal, où l'islam et les traditions locales condamnent fermement les relations entre personnes de même sexe. Les familles rejettent souvent les membres LGBT+, les poussant à quitter leur domicile. Les agressions homophobes dans l'espace public sont courantes, et les victimes hésitent à porter plainte par peur de représailles ou d'arrestations.
Des organisations de défense des droits sous pression
Les associations LGBT+ sénégalaises, comme Pride Sénégal, sont régulièrement harcelées par les autorités. Leurs bureaux sont perquisitionnés, leurs membres intimidés. En 2024, le gouvernement a interdit une marche des fiertés à Dakar, invoquant des motifs d'ordre public. Les militants sont contraints de travailler dans la clandestinité pour éviter la répression.
Un contexte juridique défavorable
L'article 319 du code pénal sénégalais, hérité de la colonisation, punit les « actes contre nature » d'un à cinq ans d'emprisonnement et d'une amende. Bien que rarement appliqué, cet article sert de base légale aux arrestations. En 2023, une réforme du code pénal a été proposée pour dépénaliser l'homosexualité, mais elle a été rejetée sous la pression des religieux.
Des conséquences psychologiques dévastatrices
La peur constante a des répercussions graves sur la santé mentale des homosexuels sénégalais. Selon une étude de l'ONG Human Rights Watch, 70 % des personnes LGBT+ interrogées présentent des symptômes de dépression ou d'anxiété. Le suicide est une issue tragique pour certains, comme en témoigne le cas d'un jeune homme de 19 ans qui s'est donné la mort en 2025 après avoir été victime de chantage.
Un appel à la communauté internationale
Les défenseurs des droits humains appellent la communauté internationale à faire pression sur le Sénégal pour qu'il dépénalise l'homosexualité et protège les droits des minorités sexuelles. Cependant, le gouvernement sénégalais reste sourd à ces appels, arguant que l'homosexualité est contraire aux valeurs africaines. La France, ancienne puissance coloniale, est régulièrement critiquée pour son inaction face à cette répression.



