Elles pensaient protéger leurs enfants en les emmenant en Syrie, mais elles les ont terrorisés. Entre les femmes rapatriées des camps syriens et leurs enfants, le lien maternel est mis à rude épreuve. Depuis plusieurs mois, la France organise le retour de ses ressortissantes, souvent accompagnées de leurs enfants, après la chute du califat de l'État islamique. Mais ces retrouvailles sont loin d'être idylliques.
Un traumatisme partagé
Les mères, souvent endoctrinées par l'idéologie jihadiste, ont vécu des années de violence et de privations. Leurs enfants, nés ou ayant grandi dans un environnement de guerre, présentent des signes de stress post-traumatique sévère. « Je pensais les protéger, mais je les ai terrorisés », confie l'une d'elles, aujourd'hui suivie par des psychologues. Les récits font état de nuits d'angoisse, de cauchemars et de comportements agressifs.
Des retrouvailles complexes
Le retour en France n'est pas un simple retour à la normale. Les enfants doivent apprendre à connaître une mère qu'ils n'ont parfois jamais vraiment connue. Les mères, de leur côté, doivent composer avec la culpabilité et le regard de la société. « Je ne suis plus la même personne, je dois reconstruire une relation avec mon enfant », explique une autre mère. Les associations d'aide aux victimes soulignent l'importance d'un accompagnement psychologique sur le long terme.
Un défi pour la justice et la société
Les procédures judiciaires compliquent encore la donne. Certaines mères sont poursuivies pour terrorisme, ce qui peut entraîner une séparation prolongée d'avec leurs enfants. Les services sociaux tentent de trouver un équilibre entre protection de l'enfant et maintien du lien familial. « Il ne faut pas oublier que ces femmes sont aussi des victimes de l'embrigadement », rappelle une travailleuse sociale. Mais pour les enfants, le chemin vers la résilience est long et semé d'embûches.
Le débat reste vif dans l'opinion publique : faut-il tout mettre en œuvre pour préserver le lien maternel, ou considérer que ces femmes ont irrémédiablement compromis leur rôle de mère ? Les experts plaident pour une approche nuancée, tenant compte de l'intérêt supérieur de l'enfant. En attendant, les histoires de ces familles brisées continuent de s'écrire, entre espoir et douleur.



