L'ONU vote une résolution historique qualifiant la traite des esclaves africains de crime suprême contre l'humanité
ONU : la traite des esclaves africains déclarée crime suprême contre l'humanité

Une reconnaissance historique à l'ONU pour les victimes de la traite transatlantique

Ce mercredi 25 mars 2026 marque une date historique aux Nations Unies où l'Assemblée générale doit se prononcer sur une résolution désignant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave jamais commis contre l'humanité. Cette initiative, portée avec détermination par le Ghana, représente une première étape cruciale vers des excuses officielles et l'établissement d'une justice réparatrice pour les descendants des victimes.

Le Ghana en première ligne pour la reconnaissance des atrocités

Le président ghanéen John Dramani Mahama s'est personnellement déplacé à New York pour promouvoir ce texte qualifié d'historique. Tête de file de l'Union africaine sur la question des réparations liées à la traite transatlantique, il a déclaré mardi 24 mars 2026 que cette résolution constituerait une reconnaissance collective du calvaire de plus de 12,5 millions d'hommes, de femmes et d'enfants dont les vies ont été volées sur une période de 400 ans.

Le chef de l'État ghanéen a souligné que ce texte servirait également de protection contre l'oubli, dénonçant au passage les politiques contemporaines qui normalisent tout doucement l'effacement de cette histoire, particulièrement aux États-Unis où des livres sur le sujet sont bannis des écoles et bibliothèques publiques.

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Une qualification juridique sans précédent

Le projet de résolution condamne ce qu'il appelle l'injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l'humanité. Il déclare explicitement que la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains constituent les plus graves crimes contre l'humanité.

Cette qualification met en lumière plusieurs dimensions fondamentales :

  • L'ampleur phénoménale du système esclavagiste
  • Sa durée exceptionnelle de plus de trois siècles
  • Son caractère systématique et organisé
  • Ses conséquences persistantes dans les structures sociales contemporaines

Amma Adomaa Twum-Amoah, commissaire de l'Union africaine pour le développement social, a commenté : Nommer ces atrocités clairement est un moyen de dire que ce qui a été fait aux Africains n'était pas un tragique accident de l'Histoire mais le résultat de politiques délibérées dont l'héritage structure les inégalités d'aujourd'hui.

Vers un processus de justice et de réparations

Le projet de résolution ne se contente pas d'une simple reconnaissance historique. Il appelle les États à s'engager dans un processus de justice pour réparer les torts du passé. Samuel Okudzeto Ablakwa, ministre ghanéen des Affaires étrangères, a déclaré à l'AFP : Les responsables de la traite transatlantique des esclaves sont connus, les Européens, les États-Unis, nous attendons qu'ils fassent tous des excuses formelles à l'Afrique.

Le ministre a insisté sur la nécessité d'excuses substantielles, rejetant les excuses molles formulées par certains pays dans le passé. Il a également plaidé pour :

  1. La mise en place de politiques pour lutter contre le racisme structurel
  2. La restitution des artefacts pillés pendant la période coloniale
  3. Des compensations pour les descendants des victimes

Un compromis historique après des négociations intenses

Le Ghana a reconnu que cette résolution résultait d'un compromis historique après des négociations particulièrement intenses. Certains pays avaient soulevé la question délicate de la hiérarchie des souffrances, une critique que le chef de la diplomatie ghanéenne a fermement rejetée.

Ce que nous disons c'est que quand vous regardez toutes les atrocités qui ont eu lieu dans l'Histoire de l'humanité, aucune autre n'a été aussi systémique, aussi longue, plus de 300 ans, avec des conséquences persistantes, a-t-il expliqué. Nous ne classons pas la douleur. Nous ne disons pas que notre souffrance a plus de valeur que la vôtre.

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Cette résolution onusienne représente donc un moment charnière dans la reconnaissance internationale des crimes de la traite transatlantique, ouvrant potentiellement la voie à de nouvelles formes de justice historique et de réconciliation.