Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix, transférée en prison dans le nord de l'Iran
Narges Mohammadi transférée en prison dans le nord de l'Iran

Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix, transférée en prison dans le nord de l'Iran

L'infatigable défenseure des droits humains, l'Iranienne Narges Mohammadi, 53 ans, lauréate du prix Nobel de la paix 2023, a été récemment transférée vers une prison de Zanjan, dans le nord de l'Iran. Ce changement de lieu de détention a été annoncé samedi par son mari, Taghi Rahmani, qui réside à Paris. Il a qualifié ce transfert d'« exil », exprimant ainsi ses craintes quant aux conditions de détention de son épouse.

Une arrestation violente et une condamnation sévère

Narges Mohammadi avait été arrêtée le 12 décembre dans la ville de Mashhad, au nord-est de l'Iran, avec d'autres militants. Cette arrestation est intervenue avant le déclenchement d'un mouvement de contestation réprimé dans le sang par les autorités en janvier. Selon sa famille et le Comité Nobel norvégien, la militante a subi des violences extrêmes lors de son interpellation :

  • Elle a été frappée à coups de bâtons et tirée à terre par les cheveux, perdant une partie de sa chevelure.
  • Elle a reçu de violents coups de matraque à la tête et au cou.
  • Elle a été battue à bord d'un véhicule et frappée au niveau des organes génitaux et de la région pelvienne, ce qui a suscité des inquiétudes quant à une fracture osseuse.

Malgré son état critique, elle a été placée en isolement dans une cellule sans fenêtre, avec un éclairage artificiel permanent, un sol froid et une literie inadéquate. Le 8 février, elle a été condamnée à six ans de prison pour « rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes » et à un an et demi pour « activités de propagande » dans une autre affaire. Elle a également écopé d'une interdiction de quitter le pays pendant deux ans.

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Inquiétudes croissantes sur son état de santé

Ses proches et son avocat iranien, Mostafa Nili, ont exprimé de vives inquiétudes quant à son état de santé. Lors d'un appel téléphonique, Narges Mohammadi a évoqué les violences subies lors de son arrestation, la pression des interrogatoires et des coups particulièrement violents portés à sa tête. Ces coups ont entraîné des étourdissements, des troubles de la vue, et des ecchymoses subsistent sur son corps.

Le Comité Nobel a également reçu des informations crédibles indiquant que la lauréate aurait été violemment agressée en détention. Le président du Comité, Jørgen Frydnes, a qualifié ces actes de « traitement cruel et inhumain, une violation flagrante du droit international des droits de l'homme ». Ce mois-ci, Narges Mohammadi a mené une grève de la faim d'une semaine pour réclamer le droit de téléphoner. Elle a été hospitalisée en raison de la détérioration de sa santé, avant d'être renvoyée en centre de détention.

Une vie de militantisme et d'incarcérations répétées

Narges Mohammadi a passé de nombreuses années derrière les barreaux, mais n'a jamais cessé de militer pour les droits humains, la défense des prisonniers politiques, contre la peine de mort et le code vestimentaire strict pour les femmes en Iran. Elle n'a pas vu ses enfants, exilés en France, depuis 2015. En décembre 2024, après avoir été arrêtée en novembre 2021, elle avait été libérée pendant trois semaines pour raisons médicales, liées à l'ablation d'une tumeur et une greffe osseuse.

Son transfert vers la prison de Zanjan, annoncé par sa fondation gérée par sa famille, a eu lieu mardi, mais la militante n'a pu en informer son avocat que samedi. Cette nouvelle étape dans son calvaire souligne une fois de plus les conditions difficiles auxquelles sont confrontés les défenseurs des droits humains en Iran.

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