Monique Étienne, militante rochelaise, témoigne de son engagement de 30 ans pour la Palestine
Monique Étienne : 30 ans d'engagement pour la Palestine

Monique Étienne : trois décennies de combat pour la cause palestinienne

De retour d'une mission de trois mois en Palestine occupée et en Cisjordanie, Monique Étienne, militante rochelaise de 75 ans, revient sur un engagement entamé il y a plus de trente ans au sein de l'Association France Palestine Solidarité. Cette mission marque sa 26e visite sur le terrain depuis sa première en 1993, au moment de la première intifada.

Les racines d'un engagement familial

Née dans une famille de militants à La Rochelle, Monique Étienne s'est engagée très tôt sur les questions internationales et la paix. « Ma mère, Raymonde Étienne, était une militante à La Rochelle, elle a créé le mouvement mondialiste anti-impérialiste dans les années 1960 », confie-t-elle. Lors des « week-ends internationaux » organisés par sa mère, elle rencontre de nombreux étudiants dont un Palestinien, Ezzedine Kalak, membre de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), tragiquement assassiné à Paris en 1978.

« J'avais 17 ans et j'ai découvert la réalité de la Palestine », se souvient-elle. Cette rencontre fut une révélation pour la jeune femme qui n'avait jusqu'alors que la perspective israélienne. Elle suit alors les traces de ses parents, profondément marqués par le nazisme et l'antisémitisme, et consacre sa vie au militantisme pour la paix.

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Du journalisme au cinéma engagé

Après des études de journalisme à Bordeaux, Monique Étienne écrit pour des revues d'associations de solidarité en Amérique latine, puis pour le magazine féministe « Clara Magazine ». En 1993, elle entreprend des études de cinéma à Paris pour réaliser des reportages et documentaires au service des causes qu'elle défend.

En 2006, avec son mari Kristian Delacroix, elle réalise le film documentaire « Des Olives et des murs », qui suit des cueilleurs d'une mission civile internationale enfreignant l'interdiction israélienne de récolter les olives appartenant à un oléiculteur palestinien.

La réalité du terrain : colonisation et résistance

Membre du conseil national de l'Association France Palestine Solidarité, Monique Étienne a récemment participé au Programme œcuménique d'accompagnement en Israël et Palestine (EAPPI) avec 15 autres accompagnateurs européens. Leur mission : « documenter et apporter un accompagnement auprès des communautés menacées par la colonisation, les expulsions et les démolitions ».

« J'ai une connaissance du terrain, et je peux dire que j'ai été absolument horrifiée du poids de la colonisation », témoigne-t-elle. Elle décrit le village bédouin de Khan al-Ahmar cerné par des « avant-postes » de colons israéliens violents envers les populations locales.

« Ils descendent dans les communautés, ils détruisent les troupeaux ou ils les volent, ils empêchent les Bédouins, dont l'activité économique principale était l'élevage, de faire pâturer leurs bêtes… », observe la septuagénaire.

La résilience palestinienne face à l'oppression

Malgré cette « insécurité totale » et « l'incapacité de se projeter dans un avenir », Monique Étienne souligne la « résilience extraordinaire » des Palestiniens. Elle préfère d'ailleurs utiliser le terme palestinien « soumoud », qui signifie « s'accrocher à sa terre ».

« Je trouve qu'ils ont cette espèce de force de toujours être certains que cette terre leur appartient, qu'ils resteront sur leur terre », explique-t-elle. Mais elle regrette l'absence de perspective politique : « Il n'y aura pas de solution s'il n'y a pas l'application du droit international ».

Un combat qui continue

Installée pour sa retraite dans la maison rochelaise de ses grands-parents, Monique Étienne milite chaque samedi avec son association. « Il faut avoir l'énergie de lutter parce que perdre espoir serait la victoire d'Israël », déclare-t-elle, reprenant les propos de la famille Nassar, propriétaire de la ferme « la Tente des Nations » près de Bethléem.

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Elle espère retourner en Palestine pour apporter son aide et faire entendre les voix des populations locales. La militante donnera une conférence le vendredi 20 février à 18h30 à la salle des fêtes Henri-Moulinier dans le quartier de Villeneuve-les-Salines à La Rochelle, poursuivant ainsi son engagement de plus de trois décennies pour la cause palestinienne.