Plusieurs femmes ont accusé l'archevêque de Rabat, Cristóbal López Romero, de violences sexuelles, selon des informations révélées par le média espagnol Religión Digital le 7 juillet 2026. Le Vatican a confirmé avoir ouvert une enquête préliminaire à son encontre, une procédure canonique visant à vérifier la véracité des faits.
Des accusations multiples et concordantes
Les accusations émanent d'au moins quatre femmes, toutes majeures au moment des faits présumés, qui auraient été victimes de comportements inappropriés de la part de l'archevêque. Selon Religión Digital, les plaintes décrivent des attouchements, des baisers forcés et des propositions sexuelles non consenties. Les faits se seraient déroulés entre 2018 et 2024, tant au Maroc qu'à l'étranger, lors de voyages ou de rencontres pastorales.
L'une des plaignantes, une Espagnole résidant au Maroc, a déclaré : « Il a abusé de son autorité spirituelle et de ma confiance. J'ai mis des années à oser parler, mais je ne suis plus seule. » Cette femme a indiqué avoir été agressée en 2022 dans le bureau de l'archevêque à Rabat.
La procédure du Vatican
Le Vatican a diligenté une enquête préliminaire, conformément au droit canonique, sous la supervision du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Cette étape permet de recueillir des témoignages et des preuves avant une éventuelle procédure formelle. Le Saint-Siège n'a pas commenté publiquement l'affaire, mais des sources proches du dossier indiquent que l'enquête a été ouverte en juin 2026.
L'archevêque, âgé de 74 ans, nie catégoriquement les accusations. Dans un communiqué diffusé par l'archidiocèse de Rabat, il se dit « profondément attristé par ces allégations calomnieuses » et affirme « n'avoir jamais eu de comportement contraire à la morale chrétienne ». Il a également déclaré coopérer pleinement avec les autorités ecclésiastiques.
Un contexte de lutte contre les abus dans l'Église
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de révélation d'abus sexuels au sein de l'Église catholique. Depuis le début des années 2000, des milliers de victimes ont dénoncé des violences commises par des prêtres ou des évêques, conduisant à des réformes dans plusieurs pays. L'Église au Maroc, bien que minoritaire (environ 300 000 fidèles, principalement étrangers), est particulièrement exposée en raison de son rôle social et éducatif.
Le père Benoît de Roeck, prêtre belge au Maroc, a commenté : « Cette enquête est nécessaire pour la vérité et la justice. Nous devons accompagner les victimes et assurer la transparence. »
Réactions et implications
L'affaire a provoqué une onde de choc dans la communauté catholique marocaine et au-delà. Plusieurs associations de victimes d'abus ecclésiastiques ont salué l'ouverture de l'enquête, tout en appelant à ce que les plaignantes soient protégées. Au Maroc, où la loi punit sévèrement les violences sexuelles, aucune plainte pénale n'a encore été déposée, mais les avocats des plaignantes n'excluent pas cette possibilité.
L'archevêque Cristóbal López Romero, de nationalité espagnole, est à la tête de l'archidiocèse de Rabat depuis 2017. Il est également connu pour son engagement en faveur du dialogue interreligieux et des migrants. Cette affaire pourrait ternir sa réputation et affaiblir la position de l'Église au Maroc.



