Maroc : 15 ans après la réforme constitutionnelle, les promesses de Mohammed VI restent lettre morte
Maroc : 15 ans après, la réforme constitutionnelle sans effets

Maroc : quinze ans après la réforme constitutionnelle, un bilan en demi-teinte

Le 8 octobre 2021, depuis le palais royal de Fès, le roi Mohammed VI s'est adressé au Parlement marocain. Cette allocution intervient dans un contexte particulier, marqué par le quinzième anniversaire d'une réforme constitutionnelle majeure. En effet, en 2011, sous la pression d'une vague de manifestations initiée le 20 février dans le sillage des printemps arabes, le monarque a finalement accepté de modifier la Loi fondamentale du royaume.

Une réforme née de la contestation populaire

Depuis son intronisation en 1999, Mohammed VI avait résisté aux appels de la société civile et des partis politiques en faveur d'une révision constitutionnelle. C'est l'ampleur sans précédent du mouvement populaire de 2011 qui l'a contraint à céder. Le palais a alors présenté cette réforme comme un « compromis historique » et un « nouveau pacte entre le trône et le peuple », visant à consolider l'État de droit.

La nouvelle Constitution, qualifiée de « globale, audacieuse et avant-gardiste », promettait notamment :

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
  • Un élargissement significatif des libertés individuelles.
  • L'affirmation claire du principe de séparation des pouvoirs.
  • Une indépendance renforcée de la justice.

De manière symbolique, elle a introduit pour la première fois des références explicites à la lutte contre la torture, la détention arbitraire et la corruption, dans une section dédiée aux droits fondamentaux des citoyens.

Des effets limités sur le terrain

Quinze ans après son adoption, force est de constater que cet aggiornamento constitutionnel a produit bien peu d'effets tangibles. Les attentes exprimées par la rue en 2011 restent largement insatisfaites. Malgré les promesses de renforcement de l'État de droit, les avancées en matière de libertés publiques et d'équilibre des pouvoirs sont minimes.

Le discours de 2021, bien que rappelant les principes de la réforme, n'a pas annoncé de nouvelles mesures concrètes pour en accélérer la mise en œuvre. Cette situation alimente un sentiment de déception au sein de la société marocaine, qui observe un écart persistant entre les textes et la réalité quotidienne.

La réforme constitutionnelle de 2011, bien que présentée comme une rupture, semble ainsi avoir surtout servi à apaiser temporairement la contestation, sans engendrer les transformations profondes espérées.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale